Festival de Deauville: Le cinéma indépendant américain existe-t-il encore ?

USA Trois réalisateurs, présents ce premier week-end, ont témoigné à « 20 Minutes » de leurs inquiétudes sur la place de plus en plus restreinte laissée au cinéma indépendant…

De notre envoyée spéciale à Deauville, Caroline Vié

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Viggo Mortensen dans Captain Fantastic de Matt Ross
Viggo Mortensen dans Captain Fantastic de Matt Ross — Universum Film / Erik Simkins / Bleecker Street/Mars Films

Stanley Tucci, Todd Solondz et Matt Ross ont (au moins) deux points communs : Tous les trois ont réalisé des films indépendants aux Etats-Unis et tous les trois sont présents au Festival du cinéma américain de Deauville. « La notion de « cinéma indépendant » ne veut plus dire grand-chose. C’est devenu un terme générique qui englobe tous les films abordant des sujets pour adultes », déclare à 20 Minutes Stanley Tucci, comédien, qui a notamment signé La grande nuit (1996) et Les Imposteurs (1998).

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Un public difficile à convaincre

Todd Solondz, venu présenter le fort réjouissant Teckel (sortie le 19 septembre) en compétition, ne se montre pas vraiment plus optimiste. « J’ai mis quatre ans à trouver un financement parce que mon humour très noir peine à trouver sa place au milieu des films de superhéros et des grosses productions. » Est-ce parce que les spectateurs ne semblent plus avoir envie de voir des œuvres sérieuses et préfèrent les divertissements ? « Le cinéma indépendant est toujours dynamique car il n’a jamais été aussi facile de faire films grâce au numérique mais les gens les consomment sur les plates-formes vidéo ce qui les rend peu viables financièrement », nuance Matt Ross, réalisateur de Captain Fantastic (sortie le 12 octobre) également en compétition.

La distribution en question

L’un des gros soucis que rencontrent les réalisateurs est de trouver des salles prêtes à montrer leurs films. « La distribution est vraiment problématique car les multiplexes préfèrent donner la priorité à des œuvres qu’ils estiment plus porteuses. Aller voir nos films au cinéma demande un effort supplémentaire de la part du public », explique Todd Solondz. La solution, les réalisateurs pourraient la trouver du côté de la télévision. « Les chaînes câblées donnent beaucoup plus de liberté que sur grand écran et c’est pour cela que j’envisage d’y tourner mon projet, déclare Tucci. De plus, le format de mini-série permet de développer les personnages. »

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Les festivals à la rescousse

Les trois créateurs ne sont pourtant pas prêts à baisser les bras. Face à l’adversité, ils ont trouvé une véritable bulle d’oxygène grâce aux festivals de cinéma. « Une manifestation comme Deauville donne un véritable coup de pouce en rappelant à l’industrie hollywoodienne que nous existons toujours », insiste Solondz. Le trio avoue que la France se révèle un berceau idéal pour leurs longs-métrages. « La tradition cinéphile française n’a pas d’équivalent aux USA », explique Matt Ross. L’accueil qu’ils ont reçu sur les Planches les a certainement confortés dans cette idée…

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