«Instinct de survie»: Les films de requins à voir absolument (après «Les Dents de la mer»)

CINEMA Avec «Instinct de survie», le vrai film de requin fait son retour au cinéma, histoire d'oublier tous les «Sharknado»...

Vincent Julé

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«Les Dents de la mer 2»
«Les Dents de la mer 2» — UNIVERSAL STUDIOS

En salle ce mercredi,Instinct de survie - The Shallows marque le grand retour du film de requin. Du « vrai » film de requin, et non des Sharknado. Né il y a 40 ans avec Les Dents de la mer, ce genre à part entière du cinéma était devenu ces derniers temps le repère des pires nanars, aux effets tout sauf spéciaux et aux titres très évocateurs : Avalanche Sharks, 3-Head Shark Attack, Mega Shark vs Mecha Shark, Sharktopus, etc.

Qu’Instinct de survie décide de reprendre le sujet au sérieux est donc une bonne nouvelle (et le film une bonne surprise), et il n’est pas seul puisque deux autres films se jetteront bientôt à l’eau : In the deep (deux soeurs prises au piège dans une cage à requins) et Meg (Jason Statham versus un Megalodon). Il est donc encore temps de réviser les classiques du genre, après l’inévitable et incontournable film de Spielberg.

Les Dents de la mer 2

Succès planétaire oblige,Les Dents de la mer connaît nombre de suites et copies au cours des années 1970 et 1980. Or, sa suite officielle reste de loin la meilleure, et tout simplement l’un des meilleurs films de requins. Roy Scheider reprend son rôle de Martin Brody à nouveau confronté à un grand requin blanc dans les eaux d’Amity. Ayant la lourde tâche de succéder à Steven Spielberg (et à John D. Hancock viré après un mois de tournage), le réalisateur Jeannot Szwarc n’essaie pas de retrouver la formule magique, et le suspense hitchcockien, du premier, et préfère montrer le requin sous toutes ses coutures et cicatrices. Car Les Dents de la mer 2 est avant tout un film de monstre. A noter qu’à sa sortie, l’affiche française lui prépère le titre Les Dents de la mer, 2ème partie pour éviter le jeu de mots « Les Dents de la mer-de ».

Peur bleue

Tous les Sharknado et Mega Shark, c’est un peu de sa faute. En effet, le film de Renny Harlin est le premier à proposer des requins mutants, génétiquement modifiés et réalisés en images de synthèses. Afin de lutter contre la maladie d’Alzheimer, une équipe de biologistes s’amuse à jouer avec l’ADN de requins blancs, à leurs risques et périls. S’il est souvent réduit à un simple plaisir coupable, avec son rythme de film d’action et son ton proche de la parodie, Peur bleue offre de belles fulgurances visuelles (comme cette gigantesque ombre sous l’eau, brrrr), ainsi qu’une scène devenue culte avec la mort de Samuel L. Jackson.

Open Water - En eaux profondes

Un film de requin sans requin ? C’est possible comme le prouve Open Water, inspiré de l’histoire vraie d’un couple de plongeurs oublié au milieu de l’océan par leurs moniteurs. Encore plus minimaliste que Les Dents de la mer, le film réussit à glacer le sang avec seulement deux acteurs dans l’eau (ils y ont passé plus de 120 heures). Enfin quand ils ne s’engueulent pas, et jouent mal, car le spectateur a alors envie que le requin s’en mêle au plus vite. Mais le plus souvent, chaque apparition d’aileron (de vrais requins !) est telle une aiguille plantée dans l’échine.

The Reef

Peut-être l’héritier des Dents de la mer le moins connu, et pourtant sûrement le meilleur. Après le crocodile dans Blackwater, le cinéaste australien Andrew Traucki s’attaque au requin dans The Reef, avec le même souci de réalisme et d’immersion. Lorsque leur bateau heurte un récif et menace de couler, cinq amis décident de nager jusqu’à l’île la plus proche. Mais ils ne sont bien sûr pas seuls. Préférant les vraies images de requins aux effets mécaniques ou spéciaux, le film se révèle un chef-d’œuvre de montage et donne l’impression que les acteurs ont vraiment tourné au milieu des squales - et y ont laissé une jambe.

Les Seigneurs de la mer

A l’instar de la tribune de Robert Calagno, directeur général de l’Institut océanographique de Monaco, sur l’Huffington Post, la sortie d’Instinct de survie est l’occasion pour les scientifiques et ONG de rappeler que l’image de requin mangeur d’hommes véhiculé par le cinéma est très largement fausse, alors même que de nombreuses espèces sont menacées d’extinction. Les requins sont en réalité moins les dents que les seigneurs de la mer, comme l’explique Rob Stewart dans son documentaire éponyme qui démonte le mythe hollywoodien et rappelle l’importance du requin dans l’équilibre écologique.