Les animaux assurent «Comme des bêtes» quand ils sont animés par les créateurs des Minions

ANIMATION Les créateurs de « Moi, moche et méchant » étudient la vie des bestioles familières quand leurs maîtres sont absents…

Caroline Vié
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Max dans Comme des bêtes de Yarrow Cheney et Chris Renaud
Max dans Comme des bêtes de Yarrow Cheney et Chris Renaud — Universal Pictures international France

Que font nos animaux domestiques quand nous avons le dos tourné ? C’est à cette angoissante question que tentent de répondre Chris Renaud et Yarrow Cheney dans Comme des bêtes, polar animé bourré d’humour que ses auteurs définissent comme : « L’équivalent d’un film de Woody Allen vu par un chien ». Toutous, félins et autres oiseaux y mènent l’enquête dans New York à la recherche l’un des leurs enlevé par des bestioles rebelles ayant déclaré la guerre aux humains. Au Festival d’Annecy, les réalisateurs ont levé le voile sur la création de leur film pour 20 Minutes.

L’apport des réseaux sociaux

« On nous parle souvent de Toy Story et du fait que nous nous en serions inspirés pour le concept de notre film, martèle Chris Renaud. Mais il y a une différence majeure : les jouets sont des objets alors que les animaux sont des êtres vivants ce qui veut dire que nous étions contraints à respecter leur nature. » Certaines bestioles sont plus stylisées que d’autres mais les animateurs se sont livrés à des recherches pour que leurs protagonistes restent crédibles. « Les vidéos prises sur les réseaux sociaux nous ont beaucoup servis. Cela nous a permis de découvrir que les animaux peuvent se conduire comme des idiots égoïstes », admet Yarrow Cheney.

Un héros pas très discret

Max, le héros du film, pique une crise de jalousie quand sa maîtresse recueille un énorme chien bonasse mais envahissant. « On a tous connu cette situation où l’arrivée d’un nouvel animal est mal perçue par les précédents », explique Yarrow Cheney. Max se conduit comme un gamin gâté dépourvu de toute empathie. « C’est pour cela que nous le montrons d’abord en chiot, insiste Chris Renaud. Il faut que les spectateurs prennent son parti même s’il se conduit de façon détestable. » Bientôt suivi par son nouveau compagnon, Max découvre la ville et ses dangers. Notamment un adorable lapin qui cache une âme noire sous son pelage immaculé. « Celui de Sacré Graal ! des Monty Python nous a clairement influencés » avoue Cheney.

Des difficultés inattendues

Bien qu’ils aient beaucoup donné dans l’animation des Minions pour les studios parisiensIlumination dont ils sont des piliers, les deux réalisateurs n’en sont pas lassés. « Comme des bêtes est un nouveau défi. Nous faisons bouger des muscles différents de notre art sans pour autant tourner le dos aux Minions, déclare Yarrow Cheney. Faire vivre des êtres à quatre pattes avec de la fourrure n’a pas été simple surtout que nous savions que les propriétaires d’animaux nous guettaient au tournant si nous ne rendions pas justice à leurs petites bêtes favorites ». Parmi ces maîtres attentifs se trouvait Chris Meledandri, big boss et producteur du film, dont le fox-terrier a inspiré Max.