«L'effet aquatique»: L'humour waterproof de Solveig Anspach

COMEDIE Les acteurs et le coscénariste de l’ultime film de la cinéaste franco-islandaise décédée l’été dernier, reviennent sur l’aventure qui a permis d’aboutir à cette fantaisie délicieuse…

Caroline Vié

— 

Florence Loiret-Caille et Samir Guesmi dans L'Effet aquatique de Solveigh Anspach
Florence Loiret-Caille et Samir Guesmi dans L'Effet aquatique de Solveigh Anspach — Le Pacte

Envie d’une comédie rafraîchissante ? Tendre et originale sans être grossière ? C’est L’effet aquatiquede Solveig Anspach, l’histoire d’amour avec un grand "h" comme humour, entre un grand gaillard qui feint de ne pas savoir nager et une maître-nageuse haïssant le mensonge. La réalisatrice, décédée d’un cancer l’été dernier, n’aura pas entendu les tempêtes de rire qui ont accueilli cette délicieuse fantaisie à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, où elle a remporté cette année le prix de la SACD.

Entre rire et sensualité

« Il y a beaucoup de Solveig et de son côté lumineux dans le film, déclare son coscénaristeJean-Luc Gaget à 20 Minutes. On a essayé de trouver un équilibre entre le burlesque, le romantisme et la poésie. » Pari gagné dès les premières images d’un film délirant entraînant les personnages d’une piscine de Montreuil à un congrès de maîtres-nageurs en Islande. « La leçon de natation que je donne à Samir Guesmi a été un grand moment de bonheur », explique l’actrice Florence Loiret-Caille qui retrouve la réalisatrice et son rôle de  Queen of Montreuil (2013). A la fois tordante et sensuelle, cette séquence où la douce sirène tente de faire flotter le grand dadais est à l’image de tout le film.

Un équilibre à trouver

« Mon rôle est celui d’un homme enfant prêt à tout pour conquérir celle qu’il aime » explique Samir Guesmi. Son personnage poursuivra sa belle jusque dans les paysages glacés islandais en se faisant passer pour un prof de natation palestinien. « On a joué sur le contraste cette femme qui semble petite mais qui parle comme une mitraillette et ce type dégingandé qui peine à finir ses phrases », insiste Jean-Luc Gaget. Ce héros furieusement romantique prend doucement de l’assurance parvenant à la fois à conquérir sa naïade et le spectateur. « Le contraste entre nos deux personnages a été un vrai plaisir à équilibrer, se souvient Florence Loiret-Caille, car il fallait être drôles sans tomber dans la caricature. »

En maillots de bain

Jean-Luc Gaget avoue que Solveig Anspach et lui-même ont été influencés parDeep End (1970) mais L’effet aquatique n’a pas conservé l’aspect dérangeant du film de Jerzy Skolimowski. « On s’est juste inspiré de sa vision de la piscine avec tous ces gens en maillots de bain, la moiteur des vestiaires et le grand bleu des bassins. » Le spectateur plonge avec délices dans cet univers réconfortant où l'on peut dominer le monde depuis un plongeoir en échangeant des baisers chlorés.