Festival d'Annecy: Guillermo Del Toro «prêt à mourir» pour sa série «Trollhunters»

SERIES TV Produite par le réalisateur de « Hellboy », cette histoire d’un gamin affrontant des créatures monstrueuses sera présentée sur Netflix l’hiver prochain…

Caroline Vié

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«Trollhunters», série de Guillermo del Toro.
«Trollhunters», série de Guillermo del Toro. — DreamWorks/NetFlix

Cela fait maintenant dix ans que Guillermo Del Toro, le réalisateur du Labyrinthe de Pan (2006) et deCrimson Peak (2014) collabore avec DreamWorks. « On me doit surtout la mort de personnages comme le père du héros de Dragons 2 et la mère de Kung Fu Panda », plaisante l’invité au festival du film d’animation d’Annecy. A la fois à l’aise dans les productions indépendantes et chez les grands studios, Del Toro s’est fait sa place à Hollywood. « Dans les grandes firmes, j’ai appris le double sens du mot “non”, rit-il encore. C’est celui qu’on vous dit tout le temps, mais que les producteurs refusent de comprendre quand c’est vous qui le prononcez. »

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« L’animation doit être traitée avec respect »

Jeffrey Katzenberg, grand patron de DreamWorks, ne le traite de façon aussi cavalière. « Guillermo a une vision si précise des films qu’il voit, que les réalisateurs réclament son avis bien qu’il ne mâche pas ses mots », explique-t-il. A grand renfort de « fuck » et autres noms d’oiseaux, le Mexicain jovial commente les œuvres, n’hésitant pas à faire couper des scènes déjà animées si cela doit fluidifier l’ensemble du film. « Je considère l’animation comme un médium et pas comme un genre cinématographique. J’estime qu’elle doit être traitée avec respect », souligne-t-il, déclenchant un tonnerre d’applaudissements lors de sa master class au Festival d’Annecy.

Des débuts animés

Quand il ne soigne pas les films des autres, Guillermo Del Toro planche sur sa propre série, Trollhunters, qu’il supervise avec passion. « Je n’accepte pas un projet si je ne suis pas prêt à mourir pour lui », insiste-t-il. Ces aventures d’un jeune garçon humain découvrant qu’il doit affronter des créatures étranges dans un monde mystérieux ne sont pas les premières armes du cinéaste dans l’animation. « Quand j’étais gamin, je faisais des petits films avec ma caméra Super 8. L’un d’eux racontait l’histoire d’une pomme de terre qui tuait une famille, puis se faisait écraser par une voiture », se souvient-il.

Un visuel de Trollhunters
Un visuel de Trollhunters - DreamWorks/Netflix

Etre plus ambitieux que son budget

Aujourd’hui, le cinéaste estime que certains de ses films en prises de vues réelles sont tellement bourrés d’effets spéciaux qu’ils deviennent presque de l’animation. Trollhunters, production DreamWorks pour Netflix qui sera diffusée en décembre prochain, lui semblait dans la logique des choses. « Les artistes bénéficient d’une grande liberté sur le projet, se félicite-t-il. Nous nous montrons plus ambitieux que notre budget et le résultat, à la fois riche psychologiquement et plein d’action, me rend très heureux. » Les extraits montrés en exclusivité à Annecy sont effectivement très spectaculaires. « Comme tout bon Mexicain, j’aime ce qui brille, les mécanismes complexes et les combats », insiste Guillermo Del Toro.