«Belladonna»: L'anime sexy, sulfureux et féministe que le Japon nous cachait

ANIMATION Très peu exporté en dehors du Japon, ce chef-d'œuvre de l'animation japonaise réalisé en 1973 est toujours aussi percutant...

Caroline Vié
— 
Belladonna de Eiichi Yamamoto
Belladonna de Eiichi Yamamoto — Eurozoom

Attention (trop) jeune public et esprits puritains s’abstenir: Belladonna d' Eiichi Yamamoto envoie du bois. Ou plutôt de la chair. Les aventures d’une femme violée qui va reprendre le pouvoir sur son corps, sur sa vie puis carrément sur son village sont à réserver à des yeux avertis. Adapté d' une nouvelle de Jules Michelet intitulée La Sorcière, ce petit bijou de l’animation japonaise a été réalisé en 1973 en pleine révolution sexuelle. Si son esthétique replonge le spectateur au cœur des années 1970, son message résolument féministe est toujours d’actualité.


Le sexe sans tabou

Le ton est donné dès le début: la douce héroïne doit se plier à la coutume du droit de cuissage. Le seigneur qui régit son village l’enlève à son fiancé pour la déflorer. La belle va trouver matière à vengeance grâce à un homoncule, petit démon coquin en forme de pénis dont la taille varie selon les émois que le lui provoquent sa charmante proie.

La femme au pouvoir

L’héroïne est d’abord une victime, mais elle prend son destin et sa sexualité en mains même si elle doit pour cela pactiser avec le Diable. Nudité largement révélée et scènes de sexe psychédéliques font souffler un vent libertaire sur cette œuvre qui a pris un beau coup de jeune grâce à une restauration soignée.


Le dernier volet d’une trilogie

Cette histoire librement inspirée de La Sorcière de Jules Michelet (1798-1874) a été produite par Osamu Tezuka, la papa d’Astroboy. Il avait décidé de lancer le cinéma d’animation pour adultes avec Les mille et une nuit (1969), Cléopâtre (1970) puis Belladonna qui mit fin à une trilogie baptisée Animerama après la faillite du studio.