Festival d'Annecy: La France, déjà championne du cinéma d'animation

DESSIN ANIME Dès ce lundi, le festival d'Annecy rend hommage au cinéma d'animation français. «20 Minutes» se souvient de sept films marquants...

Caroline Vié

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Ma vie de courgette de Claude Barras
Ma vie de courgette de Claude Barras — Ritaproduction/Gebeka

Comme chaque année, le Festival d’Annecy célèbre toute l’animation internationale mais cette année, du 13 au 18 juin, un hommage tout particulier est rendu à la France. Avant de découvrir La tortue rouge de Michaël Dudok De Wit coproduit par le studio Ghibli, Ma vie de courgette de Claude Barras, La jeune fille sans mains de Sébastien Laudenbach ou Louise en hiver de Jean-François Laguionie, tous sélectionnés, 20 Minutes propose de revenir sur sept films emblématiques du cinéma d’animation français.

« Astérix et Cléopâtre » : de la BD au ciné

En 1967, l’éditeur des bandes dessinées fait porter Astérix le Gaulois au cinéma sans consulter René Goscinny et Albert Uderzo qui exigent ensuite de réaliser Astérix et Cléopâtre (1968). Un film qui traversera les générations. Roger Carel y prête sa voix au héros, qu’il doublera jusqu’à Astérix et le domaine des dieux (2014), ultime version animée des aventures du guerrier gaulois. « Si Astérix et Cléopâtre n’avait pas existé, je n’aurais probablement jamais adapté Astérix », déclare Alexandre Astier.

« La planète sauvage » : un choc esthétique

Récompensé à Cannes en 1974, La planète sauvage marque la rencontre entre le romancier Stefan Wul, le scénariste Roland Topor et le réalisateur René Laloux. Ce conte de science-fiction en papier découpé a marqué John Lasseter. « Son esthétique unique était une révolution car elle changeait de ce que nous étions habitués à voir notamment aux Etats-Unis », a-t-il confié.

« Le roi et l’oiseau » : un poème animé

Fruit de l’amitié entre Jacques Prévert et Paul Grimault, Le roi et l’oiseau (1953) a connu plus de vingt ans de déboires que sa version complète soit distribuée en 1979. « C’est l’un des films d’animation que je revois le plus souvent. C’est un enchantement permanent et indémodable », avoue Hayao Miyazaki qui avoue s’en être inspiré pour Le château dans le ciel.

« Kirikou et la sorcière » : la naissance d’un héros

Quand il sort Kirikou et la sorcière (1998), son premier long-métrage, Michel Ocelot ignore qu’il vient de créer une star. Le petit Africain tout nu sera le héros de trois longs-métrages et d’une comédie musicale. L’amour que son « papa » porte à l’Afrique et la personnalité attachante de Kirikou le rendent unique. « On le réclame tout le temps : il m’a clairement dépassé », reconnaît Michel Ocelot.

 

« Les triplettes de Belleville » : un émerveillement français

Sylvain Chomet signe un conte intemporel avec Les Triplettes de Belleville (2003) à l’esthétique librement inspirée des caricaturistes et de Jacques Tati. L’aventure d’un coureur cycliste traqué par des gangsters patibulaires et une chanson de M ont séduit le monde entier. « C’est un pur émerveillement au charme typiquement français », déclare Matt Groening créateur des Simpsons qui a rendu hommage au film dans un épisode.

« La prophétie des grenouilles » : un conte écolo

Jacques-Rémy Girerd livre un conte écologique avec La prophétie de grenouilles (2003). Il persiste et signe avecMia et le migou (2008) tandis que le studio Folimage, qu’il dirige, produit ensuite des œuvres magiques comme Une vie de chat (2012) ou Phantom Boy (2015) « Nous considérons que les enfants sont intelligents », précise Girerd.

« Persepolis » : la révolution Satrapi

Marjane Satrapi a prouvé que l’animation n’était pas réservée qu’aux enfants avec Persepolis (2007), adapté de sa bande dessinée autobiographique. Ce film drôle et cruel récompensé à Cannes et aux César a ouvert la voie pour des œuvres aux sujets graves comme Valse avec Bachir d’Ariel Folman et Le chat du rabbin de Joann Sfar. « Sans Persepolis, je n’aurais jamais trouvé de financement », explique ce dernier.