«Diamant noir»: 4 idées reçues sur les diamantaires balayées par ce joyau de polar

POLAR Fort justement récompensé à Beaune, « Diamant noir » plonge avec virtuosité dans un monde méconnu…

Caroline Vié

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Niels Schneider dans Diamant noir d'Arthur Harari
Niels Schneider dans Diamant noir d'Arthur Harari — Ad vitam

Si les diamants sont éternels, leur taille et leur commerce demeurent mystérieux. Arthur Harari a choisi de faire évoluer le héros de Diamant noir à Anvers, là où les pierres précieuses brillent de tous leurs feux. Il dirige Niels Schneider dans la peau d’un homme hanté par un passé douloureux qui se fait une place dans un atelier afin d’y ourdir une terrible vengeance. « Je n’ai pas voulu réaliser un documentaire », précise le cinéaste qui balaye cependant des idées reçues sur ce milieu après une enquête rigoureuse.

Les diamantaires ne sont mus que par l’argent. Faux

Le film montre bien la passion réelle que ressentent les tailleurs de pierres pour celles qu’ils manipulent à longueur de journées.

« Leur amour pour les diamants dépasse largement l’appât du gain. Les tailleurs et les négociants respectent la pierre. Ils sont conscients qu’elle ne sert à rien et que c’est ce qui en fait la beauté. »

Le milieu vit dans un état de méfiance perpétuelle. Faux

Arthur Harari n’a pas été autorisé à tourner dans les ateliers, mais il a pu en visiter et assister à de nombreuses tractations entre diamantaires.

« Rien n’est écrit et tout se règle avec une poignée de mains, précise-t-il. On m’a laissé regarder en toute confiance et on a répondu à toutes mes questions. La peur du vol n’a jamais été un problème. Les gens ne vivent pas dans la parano. »

Ils ne laissent pas les visiteurs approcher des diamants. Faux

Dans le film, les diamants sont à portée de mains et, hors un superbe braquage, personne ne semble prêt à en glisser un discrètement dans sa poche.

« Il y avait des diamants partout et j’ai même eu des pierres énormes à ma portée. Il y a une vraie différence entre les individus qui vont font confiance et les institutions (police, gouvernement) qui doivent protéger le quartier et se montrent très prudentes. »

Les pierres sont taillées à la main. Faux

Dès la première scène (très) douloureuse où un tailleur se blesse, le ton est donné : ce métier a l’air très dangereux et très compliqué.

« Les pierres sont maintenant scannées pour qu’on puisse en tirer le meilleur parti et qu’il y ait le moins de déperdition possible. Certaines coupes se font au laser et les tailleurs n’agissent manuellement que sur les finitions. Les accidents sont rares et celui du film ne pourrait pas se produire. »