«Retour chez ma mère»: Josiane Balasko et Alexandra Lamy, leurs tempérament font des étincelles

INTERVIEW Les comédiennes s’amusent dans cette comédie où une quadragénaire fauchée revient s’installer chez sa maman…

Caroline Vié
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Alexadra Lamy et Josiane Balasko dans Retour chez ma mère d'Eric Lavaine
Alexadra Lamy et Josiane Balasko dans Retour chez ma mère d'Eric Lavaine — Pathé

Revenir vivre chez sa mère quand on est quadragénaire, ce n’est évident ni pour soi ni pour elle. Eric Lavaine le prouve dans Retour chez ma mère, où une architecte en faillite trouve refuge chez sa génitrice. Josiane Balasko et Alexandra Lamy s’adorent profondément mais peinent à se supporter au quotidien. Surtout quand l’aînée tente de cacher ses amours à sa fille qui croit sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer tant son comportement lui semble erratique. Les comédiennes, complices à ville et complémentaires à l’écran, sont elles-mêmes des mères et des filles. Elles ont confié à 20 Minutes en quoi leur expérience correspond - ou pas - à celle du film…

Comment êtes-vous parvenues à une telle alchimie entre vous ?

Josiane Balasko : Une bonne partie du travail a été faite quand Eric Lavaine nous a choisies. Il a senti que nous avions des tempéraments assez différents pour faire rire en les entrechoquant et suffisamment proches pour que nous puissions être crédibles en mère et fille.

Alexandra Lamy : Josiane et moi venons de la même école : celle de la comédie. Ce qui implique que, bien que nos registres ne soient pas les mêmes, nous avons le sens du timing. Tout était très écrit mais nous avons pris grand plaisir à jouer ensemble parce que nous nous sommes tout de suite senties en famille.

Vous verriez-vous vivre avec vos grands enfants ?

AL : Ma fille de 18 ans vit toujours avec moi. Elle a hésité à prendre une colocation avec une copine mais a décidé qu’elle souhaitait rester encore un an. Il est vrai que je suis la « coloc » idéale : je paie les factures, je fais la bouffe… Je sais que ça fera un vide quand elle s’en ira…

JB : Ma fille Marilou (Berry) a quitté la maison pour s’installer dans un studio dès qu’elle a eu 18 ans. Je n’étais pas inquiète pour elle car je savais qu’elle se débrouillerait très bien. Elle n’est revenue que brièvement à l’occasion d’un déménagement. En revanche, mon fils de 27 ans vit toujours à la maison.

La sexualité, est-ce un thème que vous abordiez librement avec parents et enfants ?

JB : Je suppose que ma mère a dû m’expliquer ce qu’étaient les règles mais ça s’est arrêté là. Nous trouvions répugnant de voir nos parents se faire ne serait-ce qu’un bisou. Quand j’ai dû aborder le sujet du sexe avec mes enfants, j’ai été plus frontale ne serait-ce que parce qu’il fallait leur apprendre à se protéger…

AL. : C’est vrai que la sexualité des parents est toujours un tabou même si les miens étaient passés par la libération sexuelle. Je peux aborder ses sujets avec ma fille mais chacune conserve son jardin secret ce qui me semble très sain.

Et l’informatique, c’est aussi douloureux que dans le film ?

AL : Chez nous, ça n’a jamais été un sujet de disputes. Nous faisons au mieux pour nous débrouiller.

JB : J’ai eu un ordinateur très tôt parce que j’écris. En revanche, Marilou me donne un coup demain pour tout ce qui est « applis ». J’ai constamment peur de faire une connerie et de tout effacer.