Festival de Cannes: Son producteur donne des nouvelles rassurantes du studio Ghibli

ANIMATION Toshio Suzuki, producteur emblématique du célèbre studio, a parlé à «20 Minutes» de «La tortue rouge» et de l'avenir de la firme japonaise...

Caroline Vié

— 

La tortue rouge de Michael Dudok de Wit
La tortue rouge de Michael Dudok de Wit — Ghibli, Why Not, Wild bunch

Toshio Suzuki n’est pas né de la dernière pluie. Sous l’égide du studio Ghibli, il a produit quelques-uns des chefs-d’œuvre d' Hayao Miyazaki (Le voyage de Chihiro) et Isao Takahata (Mes voisins les Yamada). C’est pour défendre les couleurs de La tortue rouge, présenté à Un Certain regard que ce sexagénaire est venu à Cannes. « Ghibli ne compte pas se lancer dans la production de films européens, a précisé le producteur à 20 minutes. Le cas de La tortue rouge de Michael Dudok de Wit est exceptionnel parce que son talent l’est aussi. »

>> A lire aussi : Festival de Cannes: Le studio Ghibli présente «La Tortue rouge», son premier film européen

Du court au long

C’est parce qu’il a été emballé par l’un des courts-métrages du réalisateur que Toshio Suzuki l’a contacté. « Père et fille est l’un des plus beaux films d’animation que j’ai jamais vus, » précise-t-il. Suzuki-san est très fier du résultat et du fait d’être à Cannes. « C’est un festival où on ne fait pas de différence entre les prises de vues réelles et l’animation, où seule la qualité des films est prise en compte. » L’accueil triomphal qu’a reçu le film prouve qu’il a toutes les raisons de se réjouir avant la sortie en France le 29 juin prochain.

Des nouvelles des maîtres

20 Minutes a profité de la présence du producteur pour lui tirer les vers du nez sur les piliers du studio. « Isao Takahata a très envie de retourner un nouveau film mais il n’a plus 20 ans et ce n’est pas gagné » explique-t-il. Quant à Miyazaki-san, il réalise un « court » pour le musée Ghibli, l’histoire d’une petite chenille. « Je ne serais pas surpris qu’il décide un jour de refaire un long-métrage, annonce Toshio Suzuki. Il serait même capable de le faire sous un faux nom. » Pas moyen d’en savoir davantage…

L’avenir du studio

Toshio Suzuki demeure très confiant quant au futur de Ghibli. « Nous cherchons des artistes pour poursuivre notre activité. Il y aura des successeurs à Miyazaki et à Takahata », affirme-t-il. Mais pas à Suzuki ! « Je ne forme personne pour me remplacer ! J’ai encore de belles années devant moi. » A 67 ans, Suzuki-san semble péter la forme. Son regret ? Ne pas parvenir à convaincre Hayao Miyazki de distribuer les courts-métrages du musée en vidéo. « Il tient à ce qu’on ne puisse les voir que sur place, mais on passera outre dès qu’il sera mort ! » plaisante-t-il. Le plus tard possible, espérons-le.