Festival de Cannes: Pour Steven Spielberg, le festival «n'a pas changé depuis 1982»

INTERVIEW Après avoir présenté « Le Bon Gros Géant », le réalisateur est revenu sur ses souvenirs de Cannes pour « 20 Minutes »…

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

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Steven Spielberg et la jeune actrice Ruby Barnhill
Steven Spielberg et la jeune actrice Ruby Barnhill — Metropolitan FilmEXport

Steven Spielberg n’est pas qu’un grand réalisateur : c’est aussi un homme adorable. Venu présenter Le Bon gros géant (BGG)  hors compétition avant sa sortie le 20 juillet, il a démontré une fois de plus que la notion de « grosse tête » lui était complètement étrangère. Souriant et détendu, le réalisateur a confié à 20 Minutes quelques-uns de ses souvenirs de Cannes et d’ailleurs.

Pourquoi aimez-vous Cannes ?

C’est un endroit magique où tous les films ont leur place. La première fois que je suis venu, c’était avec E.T. en 1982. Je ne connaissais pas le festival et le festival ne me connaissait pas. Je pouvais rester des heures devant une tasse de thé sous un parasol à regarder les gens passer. Cela n’a pas tellement changé. On peut venir ici avec toutes sortes de films, drôles, ennuyeux ou même si sexy qu'on se demande comment quelqu’un a osé les faire. Comme La Vie d’Adèle à qui nous avons donné la Palme d’or quand j’étais président du jury. Je suis fier de cette décision et j’ai revu le film deux fois depuis.

Ce festival a-t-il une importance particulière pour vous ?

Oui, parce que j’y ai présenté E.T, un film qui a eu une grande importance dans ma vie. Je me souviens du tournage avec les enfants comme du moment où j’ai découvert que j’avais envie d’être père. On filmait l’action chronologiquement pour que les jeunes acteurs soient plus à l’aise. Quand E.T. s’en va à la fin, tout le monde pleurait tellement que je ne savais plus quoi faire. Je m’étais surtout attaché à la petite Drew Barrymore. C’est là que je me suis dit que j’en avais assez d’être célibataire et que je souhaitais fonder une famille ce qui est arrivé trois ans plus tard.

« Le Bon gros géant » fait rêver les gens. Est-il votre alter ego?

Le public me considère souvent comme un créateur de rêve donc l'analogie est très flatteuse mais ce n'est pas ainsi que je me vois. J'ai fait de nombreux films qui n'en appelaient pas à l'univers du rêve ni à l'enfance. C'est notamment le cas pour Le liste de Schindler et Il faut sauver le soldat Ryan. En revanche quand je réalise des divertissements familiaux, j'essaye de créer un rêve qui deviendra le leur. C'est ce que j'ai souhaité faire avec Le Bon gros géant.