Festival de Cannes: Nicole Garcia ne croit pas à un «regard féminin» au cinéma

INTERVIEW La réalisatrice, qui garde un souvenir cuisant de la présentation de « Selon Charlie » en 2006, s’est confiée à « 20 Minutes » juste avant la montée des marches de son nouveau film, « Mal de pierres »…

Caroline Vié

— 

Marion Cotillard dans Mal de pierres de Nicole Garcia
Marion Cotillard dans Mal de pierres de Nicole Garcia — Studio Canal

C’est une Nicole Garcia rayonnante qui a accueilli 20 Minutes ce dimanche après-midi à Cannes. Toute de bleu vêtue, le sourire aux lèvres et l’œil chaleureux, la réalisatrice du Mal de pierres s’est confiée sur ce beau film sur une passion destructrice comme sur ses souvenirs de Cannes.

Revenir à Cannes, c’est un plaisir pour vous ?

J’ai beaucoup hésité car je gardais un souvenir épouvante du passage de Selon Charlie (2006) au Festival. Je m’étais fait massacrer au point que je me revois pousser mon chariot en titubant à l’aéroport au moment du retour. Cannes peut vraiment être d’une violence inouïe ! Thierry Frémaux a insisté pour que je lui montre le film « tranquillement ». Cet adverbe m’a rassurée. Quand il m’a dit oui, j’ai ressenti une joie intense.

>> A lire aussi : Festival de Cannes: Pourquoi on aime beaucoup «Mal de pierres» de Nicole Garcia

Vous ne trouvez pas que personnage de Marion Cotillard a un petit côté Scarlett O’Hara ?

J’aimerais que Mal de pierres connaisse un aussi gros succès qu’Autant en emporte le vent ! Il est vrai que cette femme qui veut vivre une passion intense et qui base sa vie entière sur ce désir est proche de Scarlett. Je la sens proche de moi également, même si ce qui me meut n’est pas l’amour pour un homme mais la création sous toutes ses formes.

Pensez-vous qu’il existe un regard féminin au cinéma ?

Cette notion m’agace profondément. Quand j’entends ce genre de choses, j’ai l’impression qu’on me renvoie à ma broderie et à mes casseroles. Il n’existe pas de conception féminine ou masculine du cinéma, mais des auteurs qui ont chacun leur regard. Réduire la création à une question de sexe me paraît stupide. Je ne fais pas du « cinéma de femme ». Je fais du cinéma tout court.