Festival de Cannes: Virginie Efira dans «Elle» vs Virginie Efira dans «Victoria»

INTERVIEW A Cannes, Virginie Efira est à l’affiche ce jeudi de « Victoria » de Justine Triet avant de revenir la semaine prochaine dans « Elle » de Paul Verhoeven. Deux films et deux rôles bien différents, sous deux directions d’acteurs avec deux partenaires, cela vaut bien une étude comparative…

Stéphane Leblanc

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Virginie Efira à Cannes pour la montée des marches de Café Society le 11 mai 2016
Virginie Efira à Cannes pour la montée des marches de Café Society le 11 mai 2016 — SIMON DECLEVES/SIPA

Virginie Efira n’en finit pas de trouver des hommes à sa hauteur. Laurent Lafitte dans Elle de Paul Verhoeven, en compétition le 20 mai et le 25 mai en salle, et Vincent Lacoste dans Victoria de Justin Triet, ce jeudi 12 mai en ouverture de la Semaine de la critique

Votre type de femme, c’est plutôt Victoria, l’avocate à la vie chaotique de « Victoria » ou Rebecca, l’épouse très pieuse de « Elle » ?

C’est Victoria, sans hésitation ! Son énergie, sa drôlerie, la complexité des situations dans lesquelles elle se met. En plus, son métier d’avocate est un de mes fantasmes : j’aurais adoré démêler la vérité, défendre des coupables…

Virginie Efira dans
Virginie Efira dans - Audoin Desforges

 

J’aime bien Rebecca aussi, même si c’est un second rôle et qu’il est très éloigné de moi. Elle a la foi, ce que je respecte, et cela ne l’empêche pas de mettre à Noël une robe qui montre la moitié de ses seins…

En tant qu’actrice, il vaut mieux travailler avec Paul Verhoeven (« Elle ») ou Justine Triet (« Victoria ») ?

Ils ont en commun de ne pas aimer le confort, mais j’ai du mal à comparer. Avec Justine Triet sur Victoria, j’ai fait tout le film, alors qu’avec Paul Verhoeven sur Elle, je n’avais que huit jours de tournage. C’était plus classique. Tout semblait organisé en vue du montage, bien ordonné dans des petites boîtes : le côté pulsionnel, la sexualité… Justine Triet donne l’impression d’être beaucoup plus libre, avec de la réflexion mais aussi un côté rentre-dedans, une culture de l’instinct. Quand elle ordonne à Vincent Lacoste : « Dis-lui qu’elle est belle » ou à moi « Ôte-lui la chemise, que le bouton pète ! », ça surprend !

Votre type d’homme, c’est plutôt Vincent Lacoste (« Victoria ») ou Laurent Lafitte (« Elle ») ?

Oh là, je ne peux pas répondre à ça, s’ils lisent l’article vous imaginez ?…. Disons pour faire référence à nos personnages dans Elle qu’avec Laurent Lafitte, on avait la complicité des rois mages de la crèche. C’est un acteur extrêmement technique et qui sait utiliser cette technique pour se donner un jeu très naturel. Mais nos scènes étaient très composées. Avec Vincent Lacoste, c’était très différent, plus spontané. J’adore ce garçon. Il fait partie de cette jeune génération qui se joue de la part de féminité inhérente au métier d’acteur avec beaucoup de grâce, de légèreté et d’amusement.

En tant que spectatrice, vous êtes plutôt thriller (« Elle ») ou comédie (« Victoria ») ?

Les deux. Je n’ai pas encore vu Elle, mais quand un thriller est réussi comme Gone Girl que j’ai adoré, c’est merveilleux ! Surtout quand au récit se mêlent des éléments avec de la profondeur, un peu de métaphysique… Une comédie, c’est un genre tout aussi exigeant mais souvent malmené parce que plus facile à financer. On prend moins de risque, mais quand c’est bien fait, ça peut raconter une quantité de choses avec une distance salvatrice.

Pour monter les marches, Victoria est habillée par qui ? Et Rebecca ?

Pour Victoria, Martin Grant m’a fait une robe sur mesure. Pour Elle, je serai en Azzedine Alaïa.