Festival de Cannes: Pour Woody Allen, «dire qu'un film est meilleur qu'un autre, c'est absurde!»

INTERVIEW Le réalisateur américain sort son nouveau film, la comédie douce-amère « Café Society », le jour de sa présentation en ouverture du Festival de Cannes, hors compétition…

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

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Woody Allen sur le tournage de Café Society
Woody Allen sur le tournage de Café Society — Gravier Productions, Inc. - Sabrina Lantos/Mars Films

Entre le Festival de Cannes et Woody Allen, c’est une belle histoire d’amour. Presque aussi belle que celle qui unit Kristen Stewart à Jesse Eisenberg dans Café Society. Mais le réalisateur américain a toujours refusé de participer au jury ou à la compétition. Il explique pourquoi à 20 Minutes avant d’évoquer cette comédie douce-amère qui sort ce mercredi en salle.

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Pourquoi venez-vous toujours hors compétition et refusez-vous de faire partie du jury cannois ?

Contrairement au sport, on ne peut pas organiser de compétitions de films car il n’existe pas de façon objective de les évaluer. Vous pouvez dire qu’un coureur va plus vite qu’un autre mais comment déterminer de façon objective si un film est meilleur qu’un autre ? Ou que Rembrandt peint mieux que Picasso ? C’est absurde ! Ce n'est qu'une question de goût.

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Pourquoi aimez-vous venir à Cannes ?

L’atmosphère du festival est épatante et le cadre est tellement exceptionnel. Même si je ne vais pas rester longtemps cette année, puisqu’on m’attendsur ma série à New York, ces quelques jours me font un bien fou. Mon épouse aussi adore le festival. Notre seul regret : nous n’aurons pas le temps de voir des films.

 

Etes-vous toujours aussi cinéphile ?

Plus que jamais ! C’est pour cela que j’ai eu envie de parler du Hollywood des années 1930 dans Café Society ! A cette époque, on y croisait les plus belles femmes du monde. J’imagine que cela a dû changer depuis même si Kristen Stewart m’a rappelé ce type de filles très fraîches qui espéraient percer dans le cinéma et se retrouvaient serveuses.

Vous n’avez pas l’impression de fantasmer cette période ?

Si, sans doute… Je n’aurais pas aimé être un réalisateur hollywoodien à cette époque où ils étaient traités comme des chiens. Il est sans doute plus plaisant de réinventer le Hollywood de ces années-là que d’y travailler. Les choses ont mis du temps à s’améliorer afin que les cinéastes gardent le contrôle de leur travail…

La télévision vous donne-t-elle plus de liberté ?

J’ai la chance de faire à peu près ce que je veux, parce que mes films ne coûtent pas cher. A la télévision aussi. En plus, je joue, ce que j’adore, même si je suis moins bon acteur que Jesse Eisenberg ! Me lever chaque matin pour avoir comme partenaire de belles filles comme Miley Cyrus me met en joie. J’aimerais continuer cela jusqu’à 100 ans.