Gilbert Melki compare le métier de «Vendeur» et celui d'acteur

DIFFERENCES Pour « 20 Minutes », le comédien compare sa conception de sa profession à celle du vendeur qu’il incarne dans le film de Sylvain Desclous…

Caroline Vié

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Gilbert Melki dans Vendeur de Sylvain Desclous
Gilbert Melki dans Vendeur de Sylvain Desclous — Bac Films

Vendeur et acteur même combat ? Gilbert Melki incarne un VRP au bout du rouleau dans Vendeurde Sylvain Desclous. Contrairement à son personnage de flambeur épuisé tentant de refourguer des cuisines, le comédien, vu récemment dans la série Kaboul Kitchen, excelle à incarner un homme usé tentant d’aider son fils (Pio Marmaï) qu’il a toujours négligé. Pour 20 Minutes, il s’est livré à un comparatif de la profession de son personnage avec la sienne telle qu’il la considère.

Gilbert Melki et Pio Marmai dans Vendeur de Sylvain Desclous
Gilbert Melki et Pio Marmai dans Vendeur de Sylvain Desclous - Bac films

Le vendeur du film et l’acteur sont tous deux en quête d’amour et d’appréciation

« Mon personnage veut que la cliente potentielle l’aime et achète la cuisine pour lui faire plaisir. L’acteur sait que s’il charme le directeur de casting, il est bien parti pour obtenir le rôle qu’il convoite », explique Gilbert Melki.

Comme un vendeur, un acteur doit être sympa d’emblée s’il veut avoir une chance de plaire

« Ceux qui parviennent à conclure une vente ou à être engagés en faisant la gueule existent mais ce ne sont pas les plus nombreux. Pour ma part, je crois beaucoup au fait de se montrer souriant », insiste Melki.

Tous les deux sont dans la représentation

« J’ai été vendeur de fringues quand j’étais plus jeune et j’ai repensé au bagout que j’avais à cette époque-là. Je fonçais parce que J’avais besoin de manger. Il y a aussi cette énergie chez le comédien. Etre acteur, c’est comme sortir du placard : il ne fait pas avoir peur de se donner à fond et de s’exposer ».

L’acteur expérimenté a plus de sérénité

« Contrairement à mon personnage, je ne ressens plus ce besoin frénétique de travailler. J’ai appris à lâcher prise et je pense que cela améliore mon jeu. Cela ne veut pas dire que je suis moins sérieux, juste que je ne ressens pas le même besoin de souffrir. »

Le vendeur se met la tête à l’envers entre drogue, sexe et alcool (du moins dans le film)

« Pour incarner ce type à l’hygiène de vie désastreuse, j’ai choisi de prendre le contre-pied de sa façon d’agir. J’ai donc banni l’alcool et les sorties de ce tournage où je me devais me lever à six heures chaque matin. »

L’un et l’autre ne se retrouvent pas dans le même état d’esprit après le travail

« Quand il rentre dans sa chambre d’hôtel, mon personnage se sent solitaire et mal dans sa peau. Contrairement à lui, je me couchais satisfait de la besogne accomplie une fois la journée terminée. »