«Braqueurs»: Comment Julien Leclercq s'est plongé dans la réalité du grand banditisme

POLAR Le réalisateur de «L'Assaut» signe un polar âpre pour lequel il a collé la réalité au plus près...

Caroline Vié

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Sami Bouajila, Guillaume Gouix et Kaarisdans Braqueurs de Julien Leclercq
Sami Bouajila, Guillaume Gouix et Kaarisdans Braqueurs de Julien Leclercq — SNd

Quelques semaines après avoir fait du ski dans Good Luck Algeria, Sami Bouajila troque les spatules pour les flingues dans Braqueurs de Julien Leclercq. Comme dans son précédent filmL’Assaut (2011), le réalisateur a pris le parti du réalisme pour confronter une bande de bandits spécialisés dans les « coups finement préparés à des dealers de banlieue aux méthodes plus expéditives. « Mon coscénariste Simon Moutaïrou et moi avons été conseillés par le spécialiste du grand banditisme Jérôme Pierrat car il nous semblait impossible de ne pas traiter ce sujet de manière rigoureuse », explique Julien Leclercq à 20 Minutes.

Deux conceptions de la vie

« Les braqueurs sont atteints de ce que j’appelle, le « syndrome des superhéros » : ils vivent cachés et solitaires car ils veulent durer », insiste le cinéaste. Les personnages Sami Bouajila et Guillaume Gouix font très attention à ne montrer aucun signe extérieur de richesse. Ils s’habillent simplement et ont des téléphones bon marché avec des cartes prépayées. « Les dealers sont d’une autre trempe, ce que j’ai baptisé la génération Star Academy : ils veulent tout, tout de suite et flambent leur argent sans aucune discrétion. Leurs carrières sont courtes car ils se font très vite descendre ou arrêter », insiste Leclercq.

Deux conceptions du crime

Les trafiquants menés par l’impressionnantKaaris ne font pas de quartiers n’hésitant pas à s’en prendre aux familles de leurs ennemis. « La bande dirigée par Sami Bouajila travaille de façon artisanale. Chacun a sa place et sa fonction. J’ai rencontré des bandits comme eux qui étaient capables de tirer satisfaction d’une attaque de fourgon bien menée même si elle n’est pas vraiment lucrative », insiste Julien Leclercq. Entre ces vieux de la vieille et les jeunes loups aux dents, le choc est rude. « En banlieue, les dealers fonctionnent en PME avec une organisation impliquant de nombreux membres interchangeables. »

Deux méthodes de travail

Pour préparer ses braqueurs au tournage, Julien Leclercq leur a fait répéter le premier coup du film épaulé par un membre du GIGN. « Tout devait être réglé comme un ballet car je tenais à ce qu’on ressente l’expertise de ces hommes », dit-il. En revanche, les acteurs incarnant les dealers n’ont pas été formés avant de livrer leurs prestations. « Dans la réalité, la plupart de ces gars n’ont jamais touché une arme avant de s’en servir vraiment. Ils apprennent sur le tas ce qui les rend incontrôlables. » Personne ne sort indemne du choc brutal entre deux mondes qui coexistent à côté de celui des honnêtes gens.