«Eddie the Eagle»: Le culot du faux champion de saut à ski

GLISSE Michael Edwards, l’homme qui a inspiré cette comédie sportive, revient sur ses hauts faits de casse-cou calamiteux…  

Caroline Vié

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Hugh Jackman et Taron Egerton dans Eddie the Eagle de Dexter Fletcher
Hugh Jackman et Taron Egerton dans Eddie the Eagle de Dexter Fletcher — 20th Century fox

Michael Edwards n’a pas froid aux yeux. Résolu à participer coûte que coûte aux Jeux Olympiques de 1988, cet anglais casse-cou s’est lancé dans une carrière dans le saut à ski, une discipline qu’il ne maîtrisait pas vraiment. Pour Eddie the Eagle (le surnom d’Edwards), Dexter Fletcher a confié à Taron Egerton (Kingsman) le rôle de ce héros atypique tandis que Hugh Jackman incarne son entraîneur. « Taron est beaucoup plus sexy que je l’étais à son âge. Je me suis senti très flatté qu’on le choisisse pour m’incarner », avoue Edwards à 20 Minutes.

Un authentique trompe-la-mort

Comment ce sportif médiocre s’est-il retrouvé à Calgary parmi les meilleurs athlètes dans sa discipline ? « C’est facile, j’étais l’un des seuls Anglais à la pratiquer, alors j’ai été sélectionné pour représenter mon pays, » déclare Edwards, aujourd’hui âgé de 52 ans. S’il termine bon dernier, sa réputation de casse-cou est établie. « J’aurais pu me tuer, s’esclaffe-t-il. Car je n’avais vraiment pas le niveau et puis je ne voyais rien parce que je devais constamment porter des lunettes de vue. » Ce mélange de vantardise, de franchise et d’inconscience est bien rendu dans un film qui provoque de nombreux éclats de rire.

Ringard mais star

Le plus grand titre de gloire d’Edwards ? C’est que ses piètres performances ont conduit le Comité International Olympique à limiter le nombre d’amateurs dans les compétitions. « Ils ont appelé ça la règle Eddie the Eagle, on peut donc dire que j’ai davantage marqué les J.O. que certains athlètes victorieux ! » Il est tellement populaire qu’en 2010, il a porté la torche des Jeux Olympiques d’hiver. « C’est dans des moments comme celui-là que je me dis que le jeu en valait la chandelle. J’ai prouvé que le culot peut payer et plutôt bien. » Les dividendes qu’Eddie the Eagle a touchés sont plus glorieux que lucratifs…

Une future star de cinéma

« J’ai beaucoup tiré le diable par la queue, avoue-t-il et le contrat du film est arrivé à point nommé. » Pour survivre, Michael/Eddie a accumulé les petits boulots dans la construction de maisons apparaissant en Eddie the Eagle partout où on était prêt à payer pour le voir. « Je continue à skier pour le plaisir ou pour emmener des gens en randonnée mais la sortie du film m’a donné de nouvelles envies et je serai ravi si on me proposait un rôle au cinéma. » Après s’être improvisé athlète olympique, Edwards se réinventera peut-être en star de cinéma.