«Ghost in the Shell»: Les Japonais surpris par la polémique sur le choix de Scarlett Johansson

CINEMA La maison d'édition du manga dit approuver le casting...

M.C.

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Scarlett Johansson dans le film «Ghost in the Shell».
Scarlett Johansson dans le film «Ghost in the Shell». — PARAMOUNT

L’annonce, en janvier 2015, avait fait l’effet d’une bombe. Le choix de Scarlett Johansson, une actrice occidentale, pour incarner le Major Motoko Kusanagi dans l’adaptation hollywoodienne des séries de mangas et de films d’animation japonais Ghost in the Shell avait embrasé la Toile, provoquant, surtout aux Etats-Unis, des déluges de critiques et donnant notamment naissance à une pétition signée par près de 100.000 personnes.

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Les critiques, qui accusaient Dreamworks, à l’origine de l’adaptation ciné, de « blanchir » la série et ses personnages asiatiques (« whitewashing »), faisaient notamment valoir que les studios avaient perdu là une belle occasion de mettre en avant des acteurs et des actrices d’origine asiatique, souvent cantonnés à des rôles de maîtres des arts martiaux ou de génies des sciences quand ils ne sont pas tout simplement absents des films hollywoodiens. Selon certaines sources, la polémique aurait poussé les studios à expérimenter des effets spéciaux pour donner à l’actrice blonde une apparence « plus asiatique ».

Entre résignation et indifférence

Au Japon, pays où la série a vu le jour sous le crayon du mangaka Masamune Shirow, la nouvelle ne semble pourtant pas avoir secoué les réseaux sociaux, pourtant prompts à s’enflammer. Les commentaires, cités par exemple par le site Kotaku, font apparaître un mélange de résignation et d’indifférence. « Ca va être complètement différent (des films d’animation alors on s’en fiche du casting », écrit l’un.

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« Il n’y a pas d’actrices japonaises qui ont le niveau de toute façon », regrette un autre internaute (il existe pourtant une liste de comédiennes potentielles). Certains se disent même soulagés que les producteurs n’aient pas choisi une actrice asiatique non japonaise : « Au moins ils n’ont pas pris une actrice chinoise comme dans Mémoires d’une geisha [le rôle principal était tenu par l’actrice Zhang Ziyi, vue notamment dans Tigre et Dragon], lâche un fan de manga cité par The Hollywood Reporter.

Un responsable de la maison d’édition nipponne Kodansha, qui a publié les mangas Ghost in the Shell, déclare lui au magazine que Scarlett Johansson est « un bon choix » pour le rôle. « Elle dégage cette sensation de cyberpunk, et d’ailleurs nous n’aurions jamais imaginé que le rôle serait interprété par une actrice japonaise », continue Sam Yoshiba, qui dirige le pôle d’activités internationales de l’éditeur. Selon lui, cette adaptation cinématographique est « une chance pour une œuvre japonaise d’être vue dans le monde entier ». Revenant d’une visite sur le tournage du film en Nouvelle-Zélande, il dit avoir été « impressionné par le respect » pour l’œuvre originale. Le film doit sortir en France en mars 2017.