Festival de Cannes: La Quinzaine des réalisateurs promet de bons méchants

CANNES Le souvenir de Ronit Elkabetz, décédée ce mardi matin, planait sur la présentation de la Quinzaine des réalisateurs pour le prochain festival de Cannes...

Stéphane Leblanc

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Le réalisateur indien Anurag Kashyap à Locarno en 2015
Le réalisateur indien Anurag Kashyap à Locarno en 2015 — Urs Flueeler/AP/SIPA

Edouard Waintrop, le délégué général de la Quinzaine des réalisateurs, a pris la parole, ému. « J’ai appris ce mardi matin  la mort de Ronit Elkabetz et c’était pour moi une surprise totale. La Quinzaine est triste, surtout quand on se souvient à quel point la présentation de son film Le Procès de Viviane Ansalem il y a deux ans avait été une fête… »

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Et la présentation des films en sélection a conservé cette tournure pleine d’émotion. Quand il évoque L’Effet aquatique, le dernier film de Solveig Anspach, décédée l’été dernier. « On ne l’a pas pris pour lui rendre hommage, mais parce qu’on a été pris par sa drôlerie et sa poésie et que c’est un des films français qu’on a préféré ». Quand il cite L’économie du couple de Joachim Lafosse, « un grand maître du travail sur les sentiments ». Quand il souligne à quel point « Gérard Depardieu a pu exprimer l’ampleur de son talent » dans Tour de France, le nouveau film du  réalisateur de Rengaine, Rachid Djaïdani. 

Ou quand il parle tout simplement du film d’animation Ma vie de courgette de Claude Barras, avec son « histoire très dure ». Le délégué général avoue en être « sorti en pleurant », si bien qu’il ne le recommande « pas aux plus jeunes » mais seulement « à partir de 7 ou 8 ans » ! Hypersensible, Edouard Waintrop prévient : « Cette année, les films de la sélection m’ont beaucoup fait pleurer ». Tout le contraire de ce qu'a annoncé pour l'autre section parallèle, Charles Tesson, le directeur de la semaine de la critique.

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Mais les films de la Quinzaine promettent de faire frémir également. Car nombre d’entre eux sont des polars « avec de bons méchants » ; et le délégué général de citer Hitchcock : « quand le méchant est bon, le film l’est également ». A ce titre, il faudra garder un œil attentif, voire deux, sur le thriller indien Psycho Raman de Anurag Kashyap et sur l’américain Dog Eat Dog de Paul Schrader, « un film de cinglés », d’après Waintrop, avec Willem Dafoe et Nicolas Cage.

Section de rattrapage

Enfin, comme l’an dernier avec Philippe Garrel et Arnaud Desplechin, la Quinzaine apparaît comme une section de rattrapage pour les auteurs « oubliés » de la Sélection officielle : l’Italien Marco Bellochio avec Fais de beau rêves ou le Chilien Pablo Larrain avec Neruda, candidats à la compétition cannoise qu’on est tout heureux de retrouver là. Tout comme Alejandro Jodorowsky qui a délibérément choisi d’être à Quinzaine, sans doute par fidélité pour cette section parallèle. On a hâte de découvrir Poesia sin fin, suite de La Danza de la Realidad financée en partie grâce à la vente de billets de poésie dans le cadre d’une campagne de crowdfunding.

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