Festival de Cannes : La Semaine de la Critique promet (entre autres) du rire et du sang

CANNES La plus ancienne des sections parallèles du festival de Cannes a annoncé ce lundi sa sélection pour sa 50e édition...

Stéphane Leblanc

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Virginie Efira dans Victoria de Justine Triet
Virginie Efira dans Victoria de Justine Triet — Audoin Desforges

Qu’est ce qu’on attend généralement de la critique de cinéma ? De bonnes recommandations pour des films qu’on a envie d’aimer. Ce devrait être le cas cette année avec une sélection 2016 qui fait la part belle à deux genres qu’on aime beaucoup à 20 Minutes et où la plus ancienne des sections parallèles du festival excelle : le gore et l’humour. De mémoire et pour exemples :  Le Nom des gens de Michel Leclerc en 2010 ou  Seul contre tous de Gaspar Noé en 1998.

Or cette 50e édition a le bon ton, le plus souvent, de mélanger les deux !

C’est le cas de Victoria, le deuxième film de Justine Triet. C’est peu dire qu’on attend beaucoup de la réalisatrice de  La Bataille de Solferino, présenté à l’Acid en 2013. « Victoria confirme le talent pour la comédie de Justine Triet », explique Charles Tesson, le délégué général de la Semaine de la critique, qui vante un film « riche, vivant, énergique et énergisant ».

Le cast (Virginie Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud) est glam à souhait. Et le pitch (une avocate en plein néant sentimental se retrouve à défendre un de ses amis accusé de meurtre par sa compagne alors que le seul témoin de la scène est un chien) promet qu’on y revienne…

Des huitres et de la viande

Autres propositions de cinéma alléchantes : Apnée de  Jean-Christophe Meurisse et sa troupe théâtrale des Chiens de Navarre, sur un trouple, ou ménage à trois, qui veut « se marier, avoir une maison, un travail, des enfants sages et manger tous les jours des huîtres ». « D’un anticonformisme joyeux, cette comédie sème une belle pagaille qui questionne les fondements de la société actuelle, témoigne Charles Tesson. Formidable hymne à la liberté, ce pamphlet fantaisiste témoigne d’un esprit surréaliste, vivace et nécessaire. »

Plus gore sera la chute, on vous le promet Grave ! C’est le titre d’un premier film franco-belge signé Julia Ducournau. Son héroïne s’appelle Justine et son bizutage l’oblige à manger de la viande crue, elle qui vient d’une famille « de vétérinaires et de végétariens ». Forcément, ça va dégénérer. « Ce premier film s’approprie avec une originalité détonante les codes du film de genre, note Charles Tesson. Grave explore la découverte du corps et de la chair, l’affirmation d’un désir animé de pulsions animales. »

Saisissantes photographies

On aime aussi beaucoup le résumé (succinct) de Myomano shel tzalam hatonot, moyen métrage de l’Israëlien Nadav Lapid : « Y. un photographe de mariages, épouse une mariée, en tue une autre, et rentre chez lui. »

Ou celui d’Albüm, long-métrage en compétition du Turc Mahmet Can Mertoglu : « Un couple marié, approchant de la quarantaine, met en scène dans un album photo une fausse grossesse pour dissimuler à son entourage qu’ils adoptent un enfant. »

Trois actrices en clôture de la 50e édition

Sur le plan de l’échiquier géo-stratégico-cinématographique, on note que la Semaine tourne cette année principalement sur trois axes : français, asiatique et proche-oriental. Avec des pays souvent peu représentés, comme l’Indonésie, Singapour ou le Cambodge. Au sujet de ce dernier, on guettera Diamond Island, le premier film de fiction du jeune réalisateur de documentaires Davy Chou.

Et comme on n’a pas tous les jours 50 ans, la Semaine s'achèvera avec une affiche de charme réunissant Sandrine Kiberlain, Laetitia Casta et Chloë Sevigny, trois actrices qui font leurs débuts derrière la caméra avec leurs tout premiers courts-métrages en tant que réalisatrices. Auparavant, l’actrice et réalisatrice Valérie Donzelli, dont La Guerre est déclarée avait irradié la Semaine de la critique en 2011, aura rendu le palmarès du jury qu’elle préside.