Festival de Cannes: Ces films peuvent-ils rater la marche?

RUMEURS Une belle sélection de films américains, la présence de stars françaises dans beaucoup de films internationaux… Tel devrait être le visage de la sélection officielle dévoilée ce jeudi à partir de 11 heures. A moins qu’un mauvais coup du sort n’en décide autrement…

Stéphane Leblanc

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George Clooney et Jodie Foster sur le tournage de Money Monster
George Clooney et Jodie Foster sur le tournage de Money Monster — LILO/SIPA

A quelques heures de l’annonce de la sélection officielle du prochain festival de Cannes, ce jeudi à partir de 11 heures, évaluons la probabilité que ces films pressentis pour y figurer soient finalement écartés.

« Café Society » de Woody Allen : 0 % de risque d’être recalé

Le film de Woody Allen fera l’ouverture du festival, le 11 mai, et c’est une certitude. Cannes ne l’aurait pas annoncé s’il subsistait le moindre doute à ce sujet. Mais si le film sera bien projeté, rien ne dit que le casting défilera au complet. On attend Kristen Stewart, Jesse Eisenberg, Blake Lively et Steve Carrel aux côtés de Woody Allen. Que du beau monde. Mais un contrat qui vous retient sur un tournage, une entorse de la cheville ou un vilain rhume, c’est vite arrivé, non ? Non !

« Money Monster » de Jodie Foster : 5 % de risque d’être recalé

Vers une première montée des marches pour Julia Roberts ? Au bras de George Clooney de surcroît ! La rumeur a enflammé la presse et les réseaux sociaux le mois dernier mais le festival n’a jamais confirmé l’information du Hollywood Reporter. Mais tout ce qui fait le sel de Cannes converge pour faire du film de Jodie Foster un des moments les plus glamour de cette 69e édition. On ne voit pas pourquoi le festival s’en priverait.

« Elle » de Paul Verhoeven : 8 % de risque d’être recalé

De source sûre, le film est bon et on imagine mal le festival se priver de célébrer le grand retour de Paul Verhoeven, ne serait-ce qu’en souvenir du tabac que fit Basic Instinct en 1992 avec son actrice alors inconnue, Sharon Stone. Cette fois, le casting est majoritairement français, mais solide : Isabelle Huppert, Virginie Efira, Laurent Lafitte… Et la sortie est annoncée la semaine qui suit le festival, le 25 mai. La meilleure des rampes de lancement pour un film en sélection officielle, surtout s’il se retrouve au palmarès…

« Le Bon Gros géant » de Steven Spielberg : 12 % de risque d’être recalé

S’il y a une personnalité qui symbolise le cinéma américain, c’est bien Steven Spielberg. Le festival le sait et ne se privera pas de le faire venir à Cannes si ce film, adapté d’un conte pour enfants de Roald Dahl, est réussi. Ni les producteurs, ni le festival, ne gagnerait à projeter un navet signé d’un grand nom. Même pour se donner, comme avec ce Bon Gros géant, une caution grand public.

«Eternité» de Tran Anh-Hung : 15 % de risque d'être recalé

Le film du réalisateur de L'Odeur de la papaye verte aurait été choisi pour être projeté après la cérémonie de cloture à en croire le site de Paris Match. Il faut dire que le casting est alléchant: Audrey Tautou, Bérénice Béjo et Mélanie Laurent y interprètent des personnages tirés du roman L'élégance des veuves d'Alice Ferney.

« The Last Face » de Sean Penn : 16 % de risque d’être recalé

Ce film possède une affiche comme Cannes les adore : un réalisateur (Sean Penn) qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui ne laisse jamais indifférent. Et un casting qui mêle habilement les stars internationales (Charlize Theron, Javier Bardem) avec quelques touches françaises (Adèle Exarchopoulos, Jean Reno). Le seul très léger doute, c’est le caractère imprévisible, la violence et les prises de position parfois controversées de celui qui fut le président du jury en 2008. Pas de quoi faire peur à Cannes.

« Juste la fin du monde » de Xavier Dolan : 17 % de risque d’être recalé

Il avait enthousiasmé la Croisette avec son speech en cloture il y a deux ans. Et même s’il est apparu depuis ivre mort dans les Recettes Pompettes ou s’en est pris méchamment à Netflix qui n’avait pas respecté le format de Mommy, on ne voit pas pourquoi il serait privé de sélection cette année. D’autant que son film, adapté d’une pièce déchirante du dramaturge Jean-Luc Lagarce, réunit le meilleur du cinéma français : Vincent Cassel, Nathalie Baye, Marion Cotillard, Léa Seydoux et Gaspard Ulliel…

« Julieta » de Pedro Almodovar : 19 % de risque d’être recalé

Julieta est déjà sorti en Espagne et le film est annoncé en France pour le 18 mai, pile poil au milieu du festival. Mais Pedro Almodovar a refusé de participer à la promo, son frère producteur et lui-même ayant été mis en cause dans l’affaire des Panama Papers. Il se pourrait que le cinéaste honteux décline l’invitation cannoise pour la même raison. Et si Pedro ne vient pas… pas sûr que le festival ne le retienne.

>> A lire aussi : Impliqué dans les «Panama Papers», Pedro Almodovar pourrait ne pas aller à Cannes

En même temps, ce ne serait pas le premier à faire faux bond : Souvenez-vous du « problème de type grec » de Godard. Sans parler des apparitions invisibles de Terrence Malick.

« La Fille inconnue » de Jean-Pierre et Luc Dardenne : 20 % de risque d’être recalé

Même si leur dernier film est reparti bredouille, on n’imagine difficilement les deux frères belges déjà deux fois palmés d’or manquer l’occasion de participer à une compétition cannoise. A moins que le comité de sélection en ait marre de défendre leur cinéma d’auteur en phase avec l’actualité sociale du moment (ce qui serait étonnant). Ou que, pour une fois, leur film soit raté (ce qui serait encore plus étonnant)…

«Loving » de Jeff Nichols : 25 % de risque d’être recalé

A 37 ans, Jeff Nichols fait partie de ces jeunes réalisateurs américains qui ont le vent en poupe. Mais même les meilleurs élèves peuvent avoir des ratés. Toutefois, il faudrait vraiment que l’auteur de Take Shelter, de Mud et du récent Midnight special ait injecté beaucoup de mièvrerie dans sa fable inspirée de l’histoire vraie d’un couple mixte empêché de se marier dans la Virginie raciste des années 1950 pour qu’elle ne figure pas en sélection.

« I, Daniel Blake » de Ken Loach : 50 % de risque d’être recalé

De son précédent film, Jimmy’s hall, devait être son dernier, juré craché. Et puis il s’était ravisé, retoquant à la porte de la sélection pour cet I, Daniel Blake. Les sélectionneurs invoqueront-ils la limite de l’âge ? Ou se montreront-ils indulgents ? On penche pour la seconde hypothèse ; faudrait pas pousser pépé dans les orties !

« On the Milky Way » d’Emir Kusturica : 70 % de risque d’être recalé

Lui aussi avait annoncé qu’il arrêtait le cinéma après la polémique qui a suivi la palme d’or pour Underground. Il n’a pas tenu parole non plus. Tant mieux, ou tant pis, vu la faiblesse de ses dernières fictions… Car Kusturica court toujours (comme Maradona dans le documentaire qu’il lui a consacré) après sa flamboyance passée. Cette fois sera peut-être la bonne, mais son film est encore en montage…

« Ma Loute » de Bruno Dumont : 75 % de risque d’être recalé

On attend beaucoup du nouveau film dans la veine désormais rigolarde du réalisateur de P’tit Quinquin, avec Fabrice Luchini et Juliette Binoche. Le film est annoncé pour une sortie en salle le 11 mai. Et pourtant, il semble avoir disparu des radars de la rumeur. A moins qu’il ne soit rattrappé in extremis comme le laisse entendre le site de Paris Match.

« Weightless » de Terrence Malick : 90 % de risque d’être recalé

Le film est enfin « terminé », à en croire le site IMDB. Une aubaine pour le festival ? Pourtant, aucune rumeur ne l’annonce en sélection. En réalité, le film n’est peut-être pas « fini-fini » ou tout bonnement pas à la hauteur de la réputation du cinéaste de Tree of Life. Vu le semi-fiasco de A la merveille et Knight of cup, ses deux précédentes réalisations, c’est possible. Cannes, qui réchigne toujours à envoyer de grands cinéastes au casse-pipe se priverait en tout cas d’un casting réunissant Christian Bale et Natalie Portman, comme dans Knights of cup, mais aussi Holly Hunter, Michael Fassbender, Ryan Gosling, Cate Blanchett, Rooney Mara…

« Snowden » d’Oliver Stone : 95 % de risque d’être recalé

Le sujet intrigue forcément, mais le réalisateur de W ou de World Trade Center manque d’un rien de finesse et de subtilité pour figurer dans les petits papiers des sélectionneurs cannois. Et la sortie américaine du film, annoncée au départ pour le 13 mai, a été reportée au 6 décembre. La tendance, toujours selon Paris Match, serait donc à une présentation du film à la rentrée, à Venise ou à Toronto.