«Le livre de la jungle» en prises de vues réelles a des atouts pour faire oublier le dessin animé

SAUVAGE Le film de Jon Favreau permet de retrouver le sauvageon et les animaux parlants créés par Rudyard Kipling…

Caroline Vié

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Neel Sethi dans Le livre de la jungle de Jon Favreau
Neel Sethi dans Le livre de la jungle de Jon Favreau — Disney Pictures France

Tout le monde (ou presque) connaît la version animée du Livre de la jungle produite en 1967 par les studios Disney. Jon Favreau s’est lancé le périlleux défi de signer une version en prises de vues réelles du classique de Rudyard Kipling. (1865-1936). Le « petit d’homme » Mowgli y retrouve les animaux parlants qui vont l’adopter après la mort de son père et l’aider à échapper à un tigre redoutable. 20 Minutes a rencontré Jon Favreau et Neel Sethi, le jeune acteur du film, pour qu’ils évoquent cette adaptation très réussie qui parvient à être à la fois proche et différente du dessin animé de Wolfgang Reitherman.

Des héros plus nombreux

« J’ai voulu parvenir à une synthèse entre le livre de Rudyard Kipling et le film Disney », explique Jon Favreau. On retrouve, bien entendu, la panthère Bagheera, l’ours Baloo, le serpent Kaa et le redoutable tigre Shere Khan. Le réalisateur d’Iron Man a cependant rajouté une meute de loups qui recueillent le gamin. « Le plus difficile a été de faire le tri dans tous ces parents de substitution afin que tous apportent quelque chose de différent à Mowgli », précise Favreau.

Un Mowgli plus ingénieux

Dans cette nouvelle version, Mowgli représente la synthèse entre deux mondes : celui des humains et celui des animaux. « Il ressemble à celui du dessin animé par sa tenue, une espèce de couche-culotte à laquelle j’ai eu un peu de mal à m’habituer, mais il est beaucoup plus débrouillard ! », avoue Neel Sethi, qui avait 10 ans au moment du tournage. Son incarnation du héros constitue une excellente surpris tant il donne de la personnalité à un gamin qui porte le film sur ses frêles épaules.

Des animaux plus réalistes

Jon Favreau a pensé à Babe, (Chris Noonan, 1995) où un petit cochon parlant découvrait le monde pour créer les animaux du Livre de la jungle. « Finalement, mon travail n’était pas si loin de l’animation puisque Neel Sethi était pratiquement le seul acteur réel sur le plateau », insiste-t-il. Les performances des acteurs doublant les animaux ont parfois aidé les animateurs. « Baloo a des expressions de Bill Murray qui lui prête sa voix et l’orang-outang Louie a beaucoup gagné avec le jeu de Christopher Walken. »

Les mêmes chansons inoubliables

Les chansons « Il en faut peu pour être heureux » ou « Etre un homme comme vous » enchantent toujours dans le nouveau film où elles sont interprétées en français par Lambert Wilson et Eddy Mitchell. « Il me semblait impensable de ne pas reprendre ces titres car je savais que le public les attendrait, précise Jo Favreau. Il me fallait doser les interventions musicales pour qu’elles ne nuisent pas à l’action. »

Des images plus violentes

Les prises de vues réelles rendent ce nouveau Livre de la jungle un peu plus violent que son alter ego animé. « On ne voit jamais de sang, ni de mise à mort, insiste Jon Favreau. Les enfants pourront être impressionnés par le tigre mais il est important de mettre en scène un bon méchant pour que l’intrigue devienne intéressante. » Lors de la projection en avant-première, les bambins sursautaient parfois mais tous sont ressortis avec un beau sourire de cette fresque d’aventures riche en péripéties.