«Tout pour être heureux»: Manu Payet «très angoissé à l’idée de jouer un père de famille»

INTERVIEW Pour « 20 Minutes », Manu Payet évoque son premier rôle de père de famille cherchant à apprivoiser deux fillettes…

Propos recueillis par Caroline Vié

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Many Payet dans Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
Many Payet dans Tout pour être heureux de Cyril Gelblat — Julien Panié/Mars Films

Avec son physique juvénile et son sourire enfantin, il est difficile d’imaginer Manu Payet en papa. C’est pourtant dans ce rôle qu’il incarne pour la première fois qu’il fait sourire et émeut dans l’excellente surprise Tout pour être heureux, comédie douce-amère de Cyril Gelblat librement inspirée d’un roman de Xavier de Moulins (Au diable Vauvert et Le Livre de Poche). A 40 ans, Payet se glisse dans la peau d’un musicien immature qui découvre son amour pour ses deux fillettes après s’être séparé de leur mère incarnée par Audrey Lamy. Il s’est confié à 20 Minutes sur ce nouveau rôle qui lui a permis de faire des découvertes puisqu’il n’est pas (encore) père dans la vie…

Le couple que vous formez avec Audrey Lamy dans le film est très touchant…

Elle est un juge d’instruction carré et sérieux et lui un artiste bohème. C’est ce que Cyril Gelblat appelle un couple exogène. Ils se sont aimés parce qu’ils étaient différents. Au bout d’un moment, ce qui a provoqué leur rapprochement va les éloigner l’un de l’autre. Mais il leur reste une profonde affection et leurs deux filles.

Papa, c’est un rôle qui vous parlait avant de le tournage ?

Pas du tout, c’est vraiment parce que j’ai craqué pour le scénario que j’ai dit oui à Cyril Gelblat, mais j’étais très angoissé à l’idée de jouer un père de famille. Il m’a rassuré en me disant que j’allais apprendre à gérer les deux fillettes en même temps que mon personnage qui ne s’accepte pas dans ce rôle non plus.

Comment vous y êtes-vous pris pour vous familiariser avec elles ?

Nous avons tourné les scènes avec les filles chronologiquement mais je n’étais pas rassuré. Au début j’étais tellement mal que j’ai emmené mon chien, un beagle baptisé Henri, pour les amadouer. A la fin du tournage, j’avais vraiment parcouru le même chemin que le héros car cela m’a été douloureux de les rendre à leurs parents.

Travailler avec des enfants, c’est aussi difficile qu’on le prétend ?

Pas avec ces deux petites filles-là ! Jaïa Catagirone qui incarne mon aînée est déjà une actrice professionnelle et Rafaèle Gelbalt, la fille du réalisateur, fait preuve d’un naturel confondant. Elles m’ont ramené à l’essence même de mon métier : jouer avec le sérieux avec lequel les enfants s’amusent.

Serez-vous permissif comme le héros si vous avez des enfants ?

Je pense que, si je deviens père, je serai plus cool que sévère même s’il est possible que certains aspects assez stricts de l’éducation que j’ai reçue finissent par ressortir. Les chiens ne font pas des chats et je sais que mon propre père, tapi au fond de moi, finira par pointer son nez par moments même si je ne veux pas l’imiter.

Pensez-vous que Tout pour être heureux marquera un tournant dans votre carrière ?

Ce personnage m’a fait du bien. J’ai plongé dedans et c’était comme si je prenais des vacances de moi-même… Je ne sais pas si cela changera quelque chose à la façon dont on me perçoit mais il est certain que cela touche le public. Lors d’une avant-première à Strasbourg, un homme a même pris le micro pour dire à sa femme qu’il l’aime…