«High-Rise» donne à la barbarie un air de déjà vu

SCIENCE-FICTION Ben Wheatley signe une fable urbaine rétro futuriste d'après un roman de J.G. Ballard...

Caroline Vié
— 
Tom Hiddleston dans High-Rise de Ben Wheatley
Tom Hiddleston dans High-Rise de Ben Wheatley — DCM/The Jokers/Le Pacte

Le maître de la science-fiction J.G. Ballard avait déjà inspiré Steven Spielberg (L’empire du soleil, 1987) et David Cronenberg (Crash, 1996). Cette fois, c'est le réalisateur de Kill list (2011) et de Touristes (2012) qui s'y attaque en portant à l’écran Lien : I.G.H., un chef d'oeuvre de 1975. Le film s'appelle Lien : High-Rise et Lien : Ben Wheatley transporte le spectateur dans un immeuble de 40 étages dont les habitants vont progressivement se transformer en barbares meurtriers, uniquement soucieux des plaisirs matériels.

Angoisses et humour noir

Son trip anxiogène ne manque pas humour cruel, mais il a comme un léger goût de déjà-vu quand cette dysoptie décrit la socièté étage par étage plaçant les pauvres à la base de la tour et les riches à son sommet. « Ballard avait prédit que la dépendance à la technologie créerait de gros changements dans nos comportements et nos façons de penser comme d’agir », déclare Ben Wheatley. Si son film souffre d’être comparé avec Lien : Brazil (Terry Gilliam, 1985), la présence d’excellents comédiens (Tom Hiddleston, Sienna Miller et Jeremy Irons), son esthétique sobre et son atmosphère pesante rendent le spectateur indulgent pour ses faiblesses.