Festival du film policier de Beaune: Un flic coréen en talons hauts fait l'unanimité

PALMARES « Man on High Heels » de Jang Jin a séduit le jury et la critique qui l’ont couronné…

Caroline Vié
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Cha Seung-won dans Man in High Heels de Jang Jin
Cha Seung-won dans Man in High Heels de Jang Jin — Zootrope Film/Lotte Entertainment

Le jury présidé par Sandrine Bonnaire a donné son verdict au terme de quatre jours riches en émotions. Le film coréen Man on High Heels de Jang Jin est le grand vainqueur de la huitième édition du Festival du film policier de Beaune. Le jury de la Critique a également récompensé cette œuvre originale sur un flic aux méthodes expéditives, couvert de cicatrices, qui caresse le rêve de devenir une femme.

Une ode à la différence

L’impressionnant Cha Seung-won est aussi crédible en as du kung-fu capable de terrasser une dizaine de mafieux à mains nues qu’en dame portant talons aiguilles et tailleur coquet. Réflexion sur le genre, comédie et film d’action, Man on High Heels (sortie le 13 juillet) a passionné tant pour sa thématique LGBT que pour des scènes d’action démentes, véritables ballets sanglants et brutaux. Ce polar transgenre ne ressemble à aucun autre !

Désert et campagne

Le jury a également récompensé deux premiers films réussis.Diamant noir d’Arthur Harari (sortie le 8 juin) et Desierto de Jonas Cuaron (sortie le 13 avril). Le premier plonge dans l’univers du commerce de pierres précieuses pour mêler cambriolage et règlement de compte en famille et le second suit le calvaire de migrants mexicains poursuivis par un tireur haineux alors qu’ils tentent de passer aux Etats-Unis.

Policiers et sang neuf

Le jury « spécial Police » s’est arrêté sur Fritz Bauer, un héros allemand de Lars Kraume, l’histoire vraie d’un juge des années 1950 qui lutta sans relâche pour faire arrêter d’anciens nazis dans un pays tentant d’oublier les passages les plus douloureux de son Histoire. Et le jury Sang neuf s’est arrêté sur Les Ardennes, premier film de Robin Pront (sortie le 13 avril) où deux frères, l’un rangé, l’autre ancien détenu violent, se déchirent.

La belle école

Si les festivaliers quittent Beaune ce dimanche, la ville continue à vibrer au rythme du cinéma grâce à Claude Lelouch. Le réalisateur vient d’ouvrir son école, Les Ateliers du cinéma où il enseigne à sa première promotion de treize étudiants âgés de 18 à 41 ans sélectionnés après avoir envoyé des courts-métrages tournés sur téléphones portables. « En 50 ans de carrière, j’ai appris quelques petites choses sur le cinéma et j’aimerais les transmettre », explique le cinéaste à 20 Minutes. Rendez-vous l’an prochain pour suivre les progrès des étudiants prometteurs.