«Kung Fu Panda 3» est-il fidèle à l'esprit des arts-martiaux?

ZEN Un spécialiste du kung-fu au cinéma explique en quoi «Kung Fu Panda 3» respecte des pratiques ancestrales...

Caroline Vié

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Po, roi des arts martiaux dans Kung Fu Panda 3 de Jennifer Yuh et Alessandro Carloni
Po, roi des arts martiaux dans Kung Fu Panda 3 de Jennifer Yuh et Alessandro Carloni — 20th Century Fox

Dans Kung Fu Panda 3, le sympathique plantigrade se trouve confronté à de nombreux défis. Il devient le « sifu » (maître en arts martiaux) de ses camarades et il retrouve sa vraie famille : une communauté de peluches adorables aux dons tout à fait surprenants. « Plus que le second volet qui mélangeait les arts martiaux un peu n’importe comment, ce troisième film est très respectueux avec la tradition du " wushu" (nom chinois du kung-fu) qui veut dire accomplissement », explique Ric Meyers, spécialiste du ciné kung-fu.

Des références soignées

Si Po n’est pas sans rappeler la star du kung-fu rebondie Sammo Hung, tous les maîtres que le méchant du film tente de détruire sont inspirés par de véritables pratiques martiales : poulet, mante religieuse, serpent ou tigre pour ne citer qu’eux ne sont pas aussi farfelus qu’on pourrait le penser. « Les créateurs ont fait des recherches poussées pour être le plus réalistes possible et le résultat est aussi amusant pour le public qui ne connaît rien aux arts martiaux qu’amusant pour les experts qui saisissent leurs références. »

La philosophie du kung-fu

Chaque membre de la communauté trouve sa place dans la lutte contre le maître félon qui veut tout détruire. « L’accomplissement, c’est ce que recherche Po sans toujours s’en rendre compte et c’est la philosophie du wushu qui ne doit pas se résumer au seul combat. C’est aussi trouver sa place dans le monde et trouver de la satisfaction dans ce qu’il sait faire le mieux. Le film illustre parfaitement ce précepte. » Po est en quête de paix dans cette comédie animée qui lui réserve de nombreuses épreuves toutes plus farfelues les unes que les autres.

Des câlins comme armes

L’un des pandas du film pratique les câlins avec enthousiasme et finit par serrer ses ennemis dans ses pattes pour les neutraliser. « Un maître de wushu expliquera que la vraie victoire n’est pas à base de muscles et de violence mais de compréhension et de réflexion. Quand j’ai vu cette scène avec le panda câlin, je me suis dit que les cinéastes avaient tout compris au wushu. » Qu’on se rassure, gags et action sont tout de même présents dans cette fresque superbe qui donne envie de manger les plus succulents des mets chinois et de s’initier tout en douceur aux arts martiaux.