Sami Bouajila: «Qu'un film comme "Good Luck Algeria" existe prouve que tout ne va pas si mal»

COMEDIE L’acteur est irrésistible dans « Good luck Algeria », comédie sur la création d’une fédération algérienne de ski…

Caroline Vié

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Franck Gastambide et Sami Bouajila dans Good luck Algeria de Farid Bentoumi
Franck Gastambide et Sami Bouajila dans Good luck Algeria de Farid Bentoumi — Ad Vitam

Sami Bouajila et Franck Gastambide forment un duo de choc dans le fort amusant Good luck Algeria de Farid Bentoumi. Les tribulations de ces deux bras cassés pour créer une fédération algérienne de ski aux Jeux Olympiques dans l’espoir de sauver leur entreprise sont une pure réussite. Bouajila en athlète qui découvre son pays d’origine et Gastambide en entraîneur complice sont soutenus par Chiara Mastroianni au fil d’une intrigue maline librement inspirée par le parcours du frère du réalisateur. 20 Minutes a rencontré Sami Bouajila pour parler du choc des cultures et de la double nationalité qui servent de toile de fond à cette comédie.

Vous sentez-vous proche de la thématique du film ?

Je ne suis pas un porte-drapeau algérien. Pour ne rien cacher, j’en ai un peu assez qu’on nous casse les pieds avec la double nationalité. J’en parle beaucoup avec Chiara Mastroianni et elle, on ne l’embête pas avec ça ! En revanche, c’est un sujet qui travaille Farid Bentoumi et j’ai aimé son approche pleine de tendresse.

Avez-vous eu du mal à vous imposer comme acteur en raison de vos origines ?

Notre génération, à Roschdy Zem et moi, s’est d’abord vu proposer des rôles très caricaturaux, mais les choses évoluent vraiment dans le bon sens. Les réalisateurs qui font appel à moi ne me choisissent plus en fonction de mes origines, ce qui me permet d’accepter un film comme Good luck Algeria sans la moindre arrière-pensée.

Pensez-vous que le cinéma rend les gens plus tolérants ?

Le cinéma et la culture sont capitaux. Que ferions-nous sans eux ? Regardez comment Indigènes a changé les mentalités. L’éducation a aussi un rôle déterminant à jouer. Tant qu’il n’y aura pas de volonté politique de rendre l’école égale pour tous, il continuera à y avoir des scissions et des gens qui vivent avec un petit ghetto dans leur tête.

Êtes-vous optimiste face à la situation actuelle ?

Paradoxalement, oui. Les choses n’évoluent peut-être pas assez vite, peut-être pas comme nous le souhaitons mais je trouve bien que la parole se libère et que le Front National ait pignon sur rue. Rien n’est pire que les idéologies sournoises. De ce choc de culture qui me semble inévitable, une paix finira par naître. J’ai confiance.

Vous pensez vraiment que le vivre ensemble est possible ?

J’en suis l’exemple vivant ! Mes deux cultures ne sont pas deux blocs distincts mais un ensemble harmonieux qui m’a permis d’atteindre une forme de sérénité. L’existence d’un film comme Good Luck Algeria prouve que tout ne va pas si mal et que la majorité des gens ne demande qu’à vivre paisiblement ensemble.

 

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