«Five»: Pierre Niney est «un garçon de sa génération entre culture classique et déconne»

POTES Le comédien s’amuse comme un petit fou dans « Five », film choral réussi signé Igor Gotesman…

Caroline Vié
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Pierre Niney dans Five d'Igor Gotesman
Pierre Niney dans Five d'Igor Gotesman — Studio Canal

On n’avait pas vu Pierre Niney depuis Un homme idéal (2015) de Yann Goslan. Il revient en très grande forme dans Five, une chouette comédie générationnelle signée Igor Gotesman, coscénariste de la série  Casting(s) qui vient de sortir en DVD chez Studio Canal. Les aventures tragicomiques de cinq potes unis comme des doigts de pied y sont racontées avec un humour et une tendresse de bon aloi. « Je suis un garçon de ma génération qui a trouvé sa place entre culture classique et déconne entre potes et ce film montre cet autre versant de ma personnalité », confie le comédien à 20 Minutes.

Les copains d’abord

Pierre Niney incarne un aspirant comédien obligé de se livrer un trafic de drogue pour survivre et payer le loyer des potes qui le croient riche quand son père lui coupe les vivres. « Contrairement à mon personnage, je n’ai jamais eu à mentir à mes parents au sujet de ma carrière car ils m’ont toujours soutenu, déclare-t-il. Mais j’ai croisé plusieurs jeunes qui ont dû le faire. J’espère que Five leur permettra d’ouvrir le dialogue car le soutien familial est important pour réussir. » Acteur depuis l’âge de seize ans et lauréat d’un César l’an dernier pour Yves-Saint-Laurent de Jalil Lespert, Niney s’éclate visiblement dans Five où ses partenaires existent tout autant que lui. « C’est un peu la morale du film que de dire que la solidarité est la meilleure façon de subsister en ces temps précaires. Je crois en l’amitié dans la vie et dans l’art. » Cette jeunesse de bande, le comédien la connaît bien. « Igor Gotesman et moi sommes amis ce qui se sent à l’écran, je crois. Cela ne veut pas dire que tout n’était pas soigneusement écrit, mais nous nous sentions plus libres pendant les répétitions. Personne ne jugeait personne. »


 

Si Pierre Niney a quitté la Comédie-Française l’an passé, il reconnaît que la maison de Molière l’a aidé à se former. « Cette bande-là m’a beaucoup appris. Je ne conseillerai jamais assez aux jeunes acteurs de passer par le théâtre. On peut s’improviser comédien de cinéma, mais la scène est plus exigeante car on ne peut pas tricher avec le montage. »

Après Five, Pierre Niney a enchaîné sur un autre projet ambitieux : L’Odyssée de Jérôme Salle où il incarne Philippe Cousteau. « Je suis encore au début de ma carrière, précise-t-il. Comment pourrais-je considérer que j’ai réussi alors que je n’ai que 27 ans ? » La tête fermement vissée sur les épaules, Pierre Niney attend les scénarios excitants, quitte à les écrire lui-même. « Le travail est aussi ce que me rapproche de mes partenaires comme François Civil, Idrissa Hanrot et Margot Bancilhon. Nous n’avons pas peur de bosser. » C’est sans doute ce mélange de besogne et de complicité qui fait de Five une excellente surprise.