«Chala, une enfance cubaine» : Cuba à mille lieues des clichés touristiques

CHRONIQUE La vie quotidienne d’un petit Cubain esseulé permet de plonger dans la réalité du pays…

Caroline Vié

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Armando Valdes Freire dans Chala, une enfance cubaine
Armando Valdes Freire dans Chala, une enfance cubaine — Bodega Films

Il n’y a pas que du rhum et des cigares, des plages, des voitures américaines et des cocotiers à Cuba. Loin des clichés touristiques, Chala, une enfance cubaine d' Ernesto Daranas fait découvrir la vie quotidienne d’un gamin délaissé par sa mère et tentant de composer entre école et combats de chiens pour survivre. Ce film, qui n’est pas sans évoquer Les quatre cents coups de François Truffaut, étonne par sa fraîcheur et par ce qu’il révèle d’un pays dont on connaît mal la réalité. Il est aussi l’occasion pour le cinéphile de découvrir une cinématographie peu représentée dans les salles françaises.

En marge de la délinquance

Le jeune Armando Valdes Freire est étonnant de justesse dans le rôle-titre d’un gamin contraint de flirter avec la délinquance pour payer les factures. Son expérience en marge de la loi montre un Cuba dont les habitants ont du mal à subsister. Drogue, combats de chien et violence généralisée sont le pain quotidien de cet enfant abandonné à son propre sort. «Le film se base sur des événements réels que nous avons abondamment documentés sur le terrain,» insiste Ernesto Daranas.

Des adultes dépassés

Les adultes qui entourent le jeune héros sont à côté de la plaque. Entre son père présumé qui le tabasse ou l’ignore et une jeune institutrice trop zélée qui veut l’envoyer en foyer, l’existence de Chala n’est pas une valée de rose. Le réalisateur a puisé son inspiration dans la réalité pour écrire son histoire coréalisée avec des étudiants investis dans l’ensemble du projet. «Ils ont eu une part active dans le travail, le choix du thème, l’enquête parallèle pour le script, et la sélection des enfants du film», explique le cinéaste.

L’école et l’amour comme salut

Seule une vieille instit' (incarnée par la regrettée Alina Rodriguez) et une petite amie compréhensive finiront par tirer Chala d’affaire. Ernesto Daranas a là aussi pris modèle sur une véritable enseignante de La Havane (celle de ses enfants) pour montrer à quel point l’école constitue une porte de salut pour les enfants perdus. Ce message positif éclaire son film.