«Comme des lions» après «Merci Patron»: Le retour en force du cinéma engagé

SOCIAL Le superbe documentaire de Françoise Davisse revient sur la lutte des ouvriers de PSA Aulnay menacés de fermeture…

Caroline Vié

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Comme des lions de Françoise Devisse
Comme des lions de Françoise Devisse — Point du Jour

Et si le cinéma engagé redevenait à la mode ? Après Merci Patron ! de François Ruffin, Comme des lions de Françoise Davisse fait entendre les ouvriers de PSA Aulnay qui se sont battus pendant deux ans pour essayer d’empêcher la fermeture de leur usine. « Les spectateurs hésitent parfois à venir car ils sont peur de s’emmerder, avoue Françoise Davisse à 20 Minutes, mais les avant-premières marchent à fond ce qui donne à penser que le public a envie d’entendre parler de problèmes qui le concernent. » Surtout quand c’est dans un documentaire joyeux et galvanisant comme le sien !

Sur les traces de « Merci patron »

« Cela reste un public de niche mais on sent que les gens ont besoin qu’on leur dise qu’on peut faire quelque chose pour se défendre, qu’il y a des moyens de se battre », explique François Ruffin qui a réussi à faire plier le puissant groupe LVMH grâce à son ingéniosité et qui continue à jouer les trublions en allant haranguer Myriam El Khormi au ministère. Merci Patron a déjà attiré 142.000 spectateurs dans les salles et sera projeté dans 201 cinémas entre le 23 et le 30 mars. On souhaite le même succès à Comme des lions. « Ruffin illustre la phrase : « Ils sont moins forts qu’on ne le croit » et moi « On est plus fort qu’ils ne le pensent », à nous deux, on représente deux visages de la lutte », plaisante Françoise Davisse. Son film militant n’y va pas par quatre chemins pour montrer la solidarité des ouvriers, la mauvaise foi des médias et la morgue des puissants.

Le combat n’est jamais vain

Le duo a pour point commun d’avoir pris le taureau par les cornes pour montrer la lutte dans ce qu’elle a de plus noble et de plus réjouissant. « De nos jours, le mot ouvrier est presque synonyme de mort ou de déprime, explique Françoise Davisse. Mon film montre des gens bien vivants, décidé à ne pas se laisser faire. » Elle plonge au cœur des discussions, caméra au poing et partage l’enthousiasme et l’espoir d’hommes et de femmes résolus. « Il ne faut pas croire que leur lutte a été un échec : ils ont obtenu bien davantage que s’ils n’avaient rien fait », martèle-t-elle. Indemnités, replacements et formations ont été gagnés de haute lutte ce qui fait qu’on ressort de la salle avec le sourire, celui de la certitude que le combat n’est pas vain.