«Médecin de campagne»: Pourquoi le réalisateur d'«Hippocrate» va vous réconcilier avec la médecine

PRATICIEN Thomas Lilti signe un beau film humaniste où il confie un rôle tout en tendresse à François Cluzet...

Caroline Vié

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François Cluzet dans Médecin de campagne de Thomas Lilti
François Cluzet dans Médecin de campagne de Thomas Lilti — Jair Sfez/Le Pacte

Thomas Lilti sait de quoi il parle quand il réalise Médecin de campagne et c’est pour cela que sa chronique sonne juste. Le cinéaste n’a arrêté la pratique de la médecine qu’au moment de tourner Hippocrate (2014) qui lui a valu un beau succès en salle. Il a puisé dans son expérience d’ex-praticien pour écrire des rôles en or à François Cluzet et Marianne Denicourt, tous deux merveilleux. La rencontre d’un toubib à l’ancienne mode et de sa collègue formée dans les hôpitaux offre un beau duo d’acteurs et des scènes savoureuses quand ils rencontrent leurs patients.

Médecin-cinéaste et vice-versa

« J’aime ce métier et je me sens un peu coupable de l’avoir délaissé pour faire du cinéma alors qu’on manque de médecins en France, avoue le cinéaste. J’ai donc voulu lui rendre hommage dans ce qu’il a de plus beau. » Le spectateur aimerait être soigné par le héros, homme compréhensif qui a tout sacrifié à son travail. « On ne peut pas demander aux jeunes médecins ce type d’abnégation, précise Thomas Lilti. C’est l’un des problèmes de la profession aujourd’hui. » La proximité entre le malade et son docteur est ce qui manque le plus au réalisateur. « C’est pour cela que je voulais la montrer comme bien des médecins la vivent car c’est une relation addictive ou chacun fait du bien à l’autre. » Le public ressent cette intimité qui fait chaud au cœur et qu’on aimerait retrouver dans tous les cabinets.

Médecin un jour, médecin toujours

Son expérience de médecin sert quotidiennement Thomas Lilti dans sa pratique de cinéaste. « Cela m’a appris l’empathie et je suis constamment à l’écoute de mes comédiens et de mon équipe. Je crois que ce que j’ai vécu avec les malades m’a aussi aidé à ne pas être autocentré, un défaut qu’on peut vite prendre quand on fait des films ! » La générosité est l’un des ingrédients principaux de cette belle histoire trouvant un équilibre entre différentes émotions. Son héros qui souffre à l’idée de se faire remplacer quand lui-même tombe malade touche profondément en rappelant ce que cette profession peut avoir de plus noble. « Quand je dois remplir la case "profession", j’écris encore spontanément "médecin", avoue le cinéaste, mais je ne sais pas si je pratiquerai de nouveau la médecine un jour. » On souhaite pour notre part qu’il continue longtemps de pratiquer le cinéma.

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