Bruno Coulais à la master Class du FIFA 2016 (c) NINA DE SANDRANS
Bruno Coulais à la master Class du FIFA 2016 (c) NINA DE SANDRANS — FIFA

MUSIQUE

VIDEO. Festival d'Aubagne: Le compositeur Bruno Coulais et ses élèves s'amusent à faire peur en musique

Bruno Coulais dirige une master class où huit jeunes compositeurs écrivent une partition pour le film d'horreur «Le projet Blair Witch»...

Bruno Coulais et son complice Gilles Alonzo s’amusent à faire peur au Festival International du Film d’Aubagne. La mission que les deux compositeurs ont acceptée pour cette dix-septième édition de la manifestation ? Animer une master class où huit élèves venus de la France entière vont créer une partition pour le film d’horreur Le projet Blair Witch de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez (1999).

« L’une des particularités est que cette œuvre ne comporte pas de musique. J’étais ravi de ce choix car je rêvais depuis longtemps de travailler sur un film d’horreur », explique Bruno Coulais à qui l’on doit entre autres les bandes-son inoubliables de Microscomos (1996) et des Choristes (2004) qui lui a valu une citation à l’Oscar.

Une partition organique

Les jeunes ont dix jours pour rendre leur partition qui sera jouée samedi soir pour un cinéconcert proposé en clôture du Festival. « Nous ne sommes pas là pour leur mâcher le travail, précise Bruno Coulais à 20 Minutes mais pour les aider à donner une cohérence à l’ensemble et pour les faire profiter de notre expérience par des conseils. »

Pas question d’effets surlignés, ni de coups de cymbales intempestifs pour faire peur. Les compositeurs ont misé sur la délicatesse. « Même s’ils ont trouvé un motif musical qu’on va entendre à plusieurs reprises, nous avons choisi d’être discrets, parfois à la limite du « bruitisme », car il ne faut pas que la musique prenne le pas sur un film qui s’en passait très bien. Le spectateur ne doit pas remarquer nos interventions que nous avons voulues organiques », insiste Coulais.

L’originalité avant tout

Le compositeur, qui donne aussi des cours au Conservatoire de Paris, est un habitué du travail pédagogique. « Je ne crois pas qu’on puisse apprendre à composer, avoue-t-il, mais on peut enseigner comment appréhender la musique de film, la densité de l’orchestration, l’homogénéité de la composition sur la durée d’un long-métrage. »

Bruno Coulais avoue sortir lui aussi enrichi de ces expériences qui lui donnent à réfléchir sur son propre travail. « Je pousse les jeunes à avoir de la personnalité, à oser essayer des choses. Ce n’est qu’en se distinguant qu’on peut réussir dans ce métier ! » Quitte à passer outre les désirs du metteur en scène. « Seul le film compte et il faut parfois trahir le réalisateur pour son bien », confie Bruno Coulais, qui vient de travailler avec Bertrand Tavernier et Benoît Jacquot…