«The lady in the van»: Qui était la femme étrange qu'incarne Maggie Smith?

HISTOIRE VRAIE La comédienne anglaise redonne vie à une dame qui a vécu pendant quinze ans dans le jardin d’un écrivain…

Caroline Vié
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Maggie Smith et Alex Jennings dans The lady in the van
Maggie Smith et Alex Jennings dans The lady in the van — Sony pictures

Maggie Smith, l’une des stars de la série Downtown Abbey, est épatante dans The lady in the van, l’histoire vraie d’une femme mystérieuse qui avait garé la camionnette où elle vivait dans le jardin de l’écrivain Alan Bennett. Après le décès de la dame en 1989, ce dernier lui a consacré un livre, La dame à la camionnette (Folio) publié en 1999 puis une pièce. Nicolas Hytner l’immortalise à son tour dans cette chronique gorgée de tendresse dont Bennett a signé le scénario. Mais qu’avait donc cette Miss Sheperd de si fascinant ? Le réalisateur l’explique à 20 Minutes.

Elle était une figure emblématique de Camden

Tout le monde connaissait la « dame à la camionnette » dans ce quartier de Londres dans les années 1970-1980. Même Nicolas Hytner l’avait repérée.

« Je me demandais qui était la vieille femme qui vivait là. Je croyais même qu’il pouvait s’agir de la mère d’Alan Bennett. Ce n’est que plus tard que j’ai compris qu’il la voyait quotidiennement de sa fenêtre et quelle source d’inspiration elle a été pour lui. »

Elle cachait bien son jeu

Alan Bennett n’a su qu’après la mort de Miss Sheperd d’où venait cette femme mystérieuse et quel avait été son parcours avant de terminer devant chez lui.

« En fait, elle était une ancienne pianiste qui a vécu à Paris et avait étudié avec le virtuose Alfred Cortot. Alan l’a découvert après son décès en rencontrant son frère, mais personne n’aurait pu deviner qu’elle avait été une artiste réputée dans sa jeunesse. »

C’était une orignale

Il n’existe aucun document filmé et peu de photos de Miss Sheperd. En revanche, ses écrits ont été conservés car elle était l’auteur de nombreux pamphlets politiques.

« Elle les faisait dactylographier par Alan Bennett et les vendait sur les marchés », s’amuse Nicolas Hytner. Cette catholique dévote se voyait bien participer aux élections voire devenir Premier ministre.

Elle avait un sacré caractère

La véritable Miss Sheperd pouvait se montrer capricieuse, voire insupportable, ce qui explique sa relation explosive avec l’écrivain qu’elle traitait en serviteur.

« Elle l’envoyait même faire ses courses sans le ménager, souligne Hytner. Elle pouvait être très pénible, ce qui en fait un personnage épatant. Rien n’est plus drôle que quelqu’un qui est dénué de sens de l’humour et qui ne sait donc pas qu’il se conduit de façon amusante. »