«Eperdument»: Guillaume Gallienne face à «l'animal cinématographique Adèle Exarchopoulos»

FAIT DIVERS L’histoire vraie de la passion interdite d’un gardien de prison et d’une détenue est portée par deux comédiens brillants…

Caroline Vié

— 

Adèle Exarchopoulos, et Guillaume Gallienne dans Eperdument de Pierre Godeau
Adèle Exarchopoulos, et Guillaume Gallienne dans Eperdument de Pierre Godeau — PAN-EUROPÉENNE – LGM CINÉMA – Thierry Valletoux

Guillaume Gallienne change de style pour Eperdument de Pierre Godeau. « Vous voulez dire que je joue un hétéro ? J’en incarnais déjà un dans Astérix et Obélix au service de sa Majesté même si mon personnage de Breton porte un kilt », plaisante l’acteur quand 20 Minutes lui fait remarquer qu’il surprend dans ce drame. Le comédien s’y met à nu dans cette histoire d’un directeur de prison qui sacrifie tout par passion pour une détenue (Adèle Exarchopoulos).

D’après une histoire vraie

Librement inspiré de Défense d’aimer de Florent Gonçalvez (éditions Presses de la Cité), où le directeur de la prison de Versailles racontait comment il était tombé sous le charme de l’une de ses détenues, et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agissait de la jeune femme qui avait servi d’appât dans l’affaire du gang des barbares, le film décrit une relation vouée à l’échec. « J’ai été attiré par ce scénario parce qu’il m’apportait plus de questions que de réponses », avoue le comédien. Les prestations complémentaires du duo sont tout à fait remarquables. « Mon personnage, qui se voit comme une incarnation de Keanu Reeves, dévoile sa fragilité. »

Une alchimie immédiate

Comme leurs personnages, les deux acteurs viennent d’univers socioculturels que tout oppose. « J’étais gourmand de travailler avec l’animal cinématographique qu’est Adèle Exarchopoulos, explique Gallienne. Elle ne s’encombre pas de réflexion dramaturgique. Son travail se fait par une addition de ressentis instinctifs qu’elle restitue à l’écran. » Le couple de cinéma que forment l’héroïne de La vie d’Adèle et l’acteur de la Comédie-Française fonctionne parfaitement.

Témoin plus que spectateur

Guillaume Gallienne reconnaît que les récentes attaques terroristes ont changé sa façon d’appréhender son travail. « Je suis devenu moins iconoclaste. J’ai l’impression d’être devenu témoin et pas seulement spectateur des choses. » Son personnage qui perd beaucoup par amour va gagner une certaine forme de liberté à la fin du film.

Vivre les émotions « sans la merde qui va avec »

S’impliquer à fond dans un rôle n’est pas affaire de choix pour Guillaume Gallienne. « Ce qui est dur est l’avant et l’après. Jouer, c’est comme aller à la piscine : on a la flemme avant, on est ravi pendant et crevé après ! » Pas question pour lui de prendre les choses à la légère. « Ce métier permet de vivre des émotions sans la merde qui va avec et, contrairement à la vie, on peut arrêter quand on veut. » On aimerait qu’il n’arrête pas de sitôt.