VIDEO. Nikon Film Festival: Le jury de Jacques Gamblin prime une poignée de main historique

FESTIVAL Le Nikon Film Festival a remis ses prix ce jeudi soir. L’auteur de ces lignes faisait partie du jury de Jacques Gamblin. Récit et points de vue…

Stéphane Leblanc

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Je suis une poignée de main, Grand Prix du jury du Nikon Film Festival 2016
Je suis une poignée de main, Grand Prix du jury du Nikon Film Festival 2016 — CAPTURE D'ECRAN

Il a fallu départager 1056 films de 140 secondes, inscrits en compétition sur le thème de « Je suis un geste ». Il y avait de la qualité pour en distinguer une bonne vingtaine, même si, au final, seuls ces six-là figurent au palmarès. Ce sont ceux que l’édition 2016 du Nikon Film Festival retiendra.

Présidé par Jacques Gamblin, comédien expert en geste s’il en est, le jury du 6e Nikon Film Festival a choisi de récompenser les films suivants, dans l’ordre suivant et pour les raisons suivantes.

Le plus frais : « Je suis le premier pas » de David Noblet, Prix des écoles

En cinq minutes, c’était réglé : ce film a fait l’unanimité du jury tant cette histoire d’amour naissant entre un petit garçon et une petite fille, toute en gestes et sans paroles, va droit au cœur. Certains, dans le jury, ont dit que Je suis le premier pas méritait tous les prix… On lui a donné celui des écoles, parce que c’est un film d’école. Et qu’il fallait garder quelques récompenses pour les autres.

Le plus ironique : « Je suis une poignée de main » d’Aurélien Laplace, Grand prix du jury

Si la poignée de main historique que se sont serrés Yitzhak Rabin et Yasser Arafat le 13 septembre 1993 sous le regard de Bill Clinton s’était déroulée telle que ce film la raconte, le monde entier s’en porterait sans doute mieux aujourd’hui. Drôle, ironique et surprenant, le film est en outre campé par des comédiens ressemblants. « Une blague potache, mais plus retorse que ça », selon Jacques Gamblin. En tout cas une réussite.

Le plus symbolique : « Je suis Tunisie 2045 » de Ted Hardy-Carnac, Prix de la mise en scène

L’auteur de ces lignes fait partie des plus ardents défenseurs de ce film pour ce prix. Un sujet à rebours des clichés – une famille française attend un visa au bureau de l’immigration en Tunisie —, traité avec simplicité et efficacité. Toute la crédibilité du film repose sur la direction d’acteurs (et sur l’actrice Nabiha Nakkari, remarquable). C’est aussi ça, l’art de la mise en scène.

Le plus empathique : « Je suis en résonance » d’Alexis Loukakis, Mention spéciale du jury

Ce film était en concurrence pour le Prix de la mise en scène, très belle en effet, où le geste est traité ici comme un acte vers l’autre. Sur le thème de l’alcoolisme, un rien d’altruisme et de compassion. C’est touchant, tout simplement.

Le goût des uns et des autres : « Je suis un réflexe » et « Je suis le machisme ordinaire »

Canal + a remis son prix à Je suis un réflexe de Zulma Rouge et les internautes ont plébiscité Je suis le machisme ordinaire de Fabrice Rouillat. Deux excellents choix.

A titre personnel, j’aimais aussi beaucoup l’humour absurde et très physique de Je suis Fortune Guru de Thomas Scohy, que vous pouvez voir ici.