«Sleeping Giant» réveille le spleen adolescent

INITIATIQUE Le Canadien Andrew Cividino décrit le difficile passage à l'âge adulte d'un trio d'adolescents turbulents...

Caroline Vié

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Sleeping Giant
Sleeping Giant — KMBO

Le « géant endormi » qui donne son titre à Sleeping Giant, c’est une falaise qui domine le Lac Supérieur dans l’Ontario. Le réalisateur Andrew Cividino a grandi dans cette région du Canada et a choisi de la mettre en vedette de son premier film présenté à la Semaine de la Critique cannoise en 2015. Il y développe avec succès un court-métrage de 17 minutes qu’il avait réalisé l’année précédente.

La théorie du Yolo

Si l’auteur se réclame de Sa majesté des mouches (Peter Brook, 1963) et de Stand by me (Rob Reiner, 1986), on pense aussi à Mud (Jeff Nichols, 2012) devant la façon cruelle dont il décrit la fin de l’adolescence d’un trio de garçons prêts à faire pas mal de bêtises. « Yolo » (« You only live once » ou « On ne vit qu’une fois ») dit l’un des héros du film. « Je me suis inspiré de ma propre vie pour montrer que le passage à l’âge adulte est fait de rites plus ou moins douloureux. Je crois que tout le monde en passe par là », confie le cinéaste.

De belles promesses

Le sujet a beau être rabâché, il révèle une belle sensibilité dans sa description d’un trio de garçons à une période charnière de leur vie. « Le saut que doivent effectuer les héros est à la fois physique et mental. La peur de l'inconnu peut les rendre agressifs et c’est ce que je décris », explique Cividino qui éprouve de la tendresse pour ses personnages, même s'il fait passer des frissons dans le dos du spectateur. Peur du vide et angoisse devant la sexualité se rejoignent dans cette étude de caractères révélant un cinéaste aussi attachant que ses jeunes héros.