«Ave, César!»: Josh Brolin estime qu'«Hollywood était un lieu de débauche dans les années 1950»

VIE PRIVEE Josh Brolin incarne un détective chargé d'étouffer les scandales hollywoodiens dans le nouveau film des frères Coen...

De notre envoyée spéciale à Berlin, Caroline Vié

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Josh Brolin dans Ave, César

Josh Brolin dans Ave, César — Universal Pictures

A la Berlinale où le film a été présenté en ouverture, Josh Brolin a confié à 20 Minutes en quoi la vie des célébrités a bien changé depuis les frasques d'Ave, César ! Le nouveau film des frères Coen lui vaut de se glisser dans la garbadine d’un détective chargé de préserver les réputations des vedettes d’un studio hollywoodien des années 1950, incarnées par George Clooney, Tilda Swinton, Ralph Fiennes, Alden Ehreinreich (génial), Channing Tatum et Scarlett Johansson…

N'auriez-vous pas rêvé de travailler à la grande époque d'Hollywood, dans les années 1950 ?

Pas forcément, car aujourd’hui, nous sommes plus autonomes et responsables de nos carrières, ce qui me convient mieux. Bien sûr, je demande conseil autour de moi mais je conserve la décision finale. J’aime l’idée de pouvoir canaliser mon énergie dans des projets qui me tiennent à cœur. J’aurais été malheureux si on m’avait imposé des films.

Vous parlez de liberté, mais les acteurs n'étaient-ils pas plus libres dans leur vie privée ?

En effet, car les réseaux sociaux n’avaient pas encore été inventés! Dans les années 1950, Hollywood était un véritable lieu de débauche où la discrétion était de mise. Ce qui est raconté dans Ave, César ! est exagéré mais contient une part de vérité. Alors que de nos jours, la moindre faille est constamment épiée et commentée.

Existe-t-il encore des détectives comme celui que vous incarnez ?

Nous avons des publicistes chargés d’adoucir les angles, mais qui ne peuvent pas faire disparaître les scandales comme le fait mon personnage dans le film. Les paparazzis ne sont plus des professionnels. Tout le monde peut prendre votre photo et la diffuser très vite dans le monde entier. Ce qui nous oblige à redoubler de vigilence.

En avez-vous souffert ?

J’ai eu une période où je faisais n’importe quoi, mais c’était avant l'invasion des smartphones depuis cinq ans. Maintenant quand je vois quelqu’un de bourré à une soirée, je le plains sincèrement car ses délires seront sur le Net dès le lendemain et il risque de se repentir toute sa vie de ce moment de faiblesse.

Quelle serait la solution ?

Pour moi, George Clooney est une parfaite illustration de ce qu'il faut faire. Il est un chouchou des médias tout en maîtrisant totalement son image... J'en parlais récemment avec Anthony Hopkins. Lui aussi, la maturité l'a calmé, et il trouve désormais génial d’utiliser son énergie pour créer plutôt que pour se mettre la tête à l’envers.

Quelle idée de se mettre la tête à l'envers ?

Etre acteur implique de se mettre complètement à nu en public ce qui peut être très déstabilisant. La gloire en rajoute une louche ce qui fait que certains finissent par perdre leurs repères, surtout s’ils sont fragiles au départ.