«Les Innocentes»: Anne Fontaine partage le calvaire de nonnes violées

EMOTION Ce drame histoirique, poignant et lumineux, est une magnifique histoire de femmes portée par Lou de Laâge...

Caroline Vié

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Lou De Laâge dansLes Innocentes
Lou De Laâge dansLes Innocentes — Anna Wloch/Mars Films

Pour réaliser Les Innocentes, Anne Fontaine s’est inspirée de faits historiques : dans la Pologne de 1945, une jeune interne française apporte son savoir et sa compassion à des nonnes violées et mises enceintes par des soldats russes. Après avoir fait face à la brutalité, elles doivent affontrer une situation qui les dépasse. Les mots « solidarité féminine » s’incarnent en la personne de la magnifique Lou de Laâge, « une actrice d’une grâce et d’une cinégénie exceptionnelles », décrit la réalisatrice à 20 Minutes.

La retraite d’Anne Fontaine

Afin de comprendre la vie dans un couvent, Anne Fontaine a fait deux retraites chez les Bénédictine de Vanves. « C'était une expérience enrichissante que j'ai beaucoup appréciée. J’y ai découvert des femmes aux expériences et aux personnalités très différentes ce qui a nourri mon film », précise-t-elle. Cette diversité de points de vue est parfaitement montrée grâce aux performances d’excellentes actrices polonaises dont Agata Kulesza, vue dans Ida (2014), en mère supérieure rigide aux décisions tranchantes, l'un des personnages les plus complexes du film.

Le viol, arme de guerre

« J’ai voulu faire un film sur la foi et sur le doute de ces femmes dont le vœu de chasteté a été bafoué et étudier leurs réactions face à une maternité qui les terrifie », insiste Anne Fontaine. Bien que l’action se déroule dans les années 1940, son thème évoque douloureusement l’actualité. « Aujourd’hui, le viol est toujours une arme de guerre », martèle Anne Fontaine. Si son film est souvent poignant, une photo magnifique signée Caroline Champetier donne l’impression de voir des tableaux vivants d'une beauté intense.

Un succès au Vatican

La réalisatrice et ses Innocentes ont reçu un accueil chaleureux au Vatican lors d’une projection spéciale. « Les ecclésiastiques ont apprécié mon respect pour les rituels religieux et certaines religieuses, bouleversées par le récit, m’ont déclaré qu’elles trouvaient mon film thérapeutique. » C’est peut-être le message optimiste de cette chronique qui a aussi conquis les nonnes. Cette histoire de femmes se termine sur des images d’enfants heureux que le spectateur emporte avec lui comme un cadeau.