«Goya : Visions de chair et d'os»: Après l'opéra et la danse, les musées font leur cinéma

GRAND ECRAN Les documentaires sur les visites de musées sont-ils solubles sur grand écran?…

Caroline Vié

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Goya: Visions of flesh and blood
Goya: Visions of flesh and blood — Arts Alliance

Cela peut sembler une drôle d’idée que d’aller voir une exposition d’art au cinéma et c’est pourtant sur les amateurs d'art de 42 pays à travers le monde que mise la société Arts Alliance qui produit Goya Visions de chair et d'os, présenté à partir du 9 février au Publicis Champs Elysées (Paris, 8e) et dans une cinquantaine de salles de l'Hexagone. « Les gens ont plaisir à passer 90 minutes au calme avec des œuvres d’art », explique le producteur Phil Grabsky qui s'est lancé dans cette aventure depuis deux ans.

En savoir plus sur le peintre

« Le cinéma permet aux spectateurs qui n’ont pas pu se rendre à la National Gallery de découvrir non seulement l’exposition, mais aussi des détails sur la restauration et sur la vie de l’artiste », insiste Phil Grabsky. Avec un soin méticuleux, le producteur a filmé les tableaux, interrogé des historiens afin d'offrir des reconstitutions montrant le peintre au travail. « Il arrive que des amateurs d’arts viennent voir le film après avoir visité le musée parce que nous leur offrons de vrais suppléments et que l’image numérique donne un aperçu très précis de la réalité des toiles de Goya. » De longs plans sur les tableaux commentés par des spécialistes permettent de mieux comprendre les œuvres. «C'est accessible pour tous les âges: amoureux de peinture et adolescents néophytes y trouvent leur compte.»

L’émotion restituée

« Nos spectateurs ont la quarantaine en moyenne », tampère Lawrence Faudot, directeur du Publicis Champs Elysées. Ce qui est surprenant c’est qu’ils sortent souvent de la salle avec des étoiles plein les yeux. L’émotion que ressent le public en voyant les œuvres de Matisse ou de Van Gogh est aussi forte que pour une fiction. J'en ai été le premier surpris. »  Les programmes alternatifs tels que la danse ou l'opéra (Jonas Kaufmann, an evening with Puccini également produit par Arts Alliance, visites de musée) mettent du beurre dans les épinards des salles indépendantes. « Nous n’avons pas les mêmes obligations qu’un multiplex mais c'est un succès », estime Lawrence Faudot. Au point de proposer trois séances sur la semaine pour Goya au lieu d'une projection unique et de penser déjà au fim sur Renoir qui sera le prochain à connaître les honneurs de sa salle.

Renseignements

http://www.exhibitiononscreen.com/fr-fr/home