«Faire l’amour»: Comment l'équipe de «Donoma» assure la sortie de son nouveau film

DO IT YOURSELF Le succès de « Donoma » a encouragé Djinn Carrenard et Salomé Blechmans a sortir eux-même leur deuxième film, « Faire l’amour », dans les salles, dès ce mardi 2 février…

Caroline Vié

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Faire l'amour de Djinn Carrenard
Faire l'amour de Djinn Carrenard — FLA

Avec Donoma (2011), l’équipe du réalisateur Djinn Carrenard avait réussi un pari fou : réaliser un film en toute indépendance pour 150 euros de budget et le faire connaître grâce aux réseaux sociaux. En mai 2014, son nouveau film coproduit par Arte, Canal+ et le CNC, Faire l’amour est toujours entièrement autoproduit, mais fait l’ouverture de la Semaine de la Critique de Cannes, en dépit de sa durée : 2h45. « La version qui a été montrée à Cannes était la première », explique Salomé Blechmans, cadreuse, directrice artistique, monteuse, coauteur et coproductrice.

Un an et demi pour finir le film

« Nous avons mis un an et demi à monter, remonter, peaufiner le film à l’aide de projections test », précise Salomé Blechmans. Ce mardi, FLA rencontrera le public dans une version d’1h59. « Une fois que le film a été terminé, nous avons décidé de suivre notre logique à fond en le distribuant nous-même. Ce n’était pas une réaction antisystème mais une envie de mieux connaître ce domaine de la sortie. Nos méthodes de promotion ne sont pas classiques », insiste Salomé Blechmans. Toute l’équipe s’est investie pour « créer une communauté autour de FLA ». Parmi leurs idées, faire circuler une bande-annonce fleuve de 11 minutes où un chauffeur de Uber parisien raconte le film Faire l’amour à ses clients. « On compte reproduire l’expérience à Marseille », insiste Salomé.

Une distribution indépendante

Pour l’instant, Faire l’amour n’est projeté que dans une unique salle parisienne, au Saint-André-des Arts, pendant dix jours à raison d’une séance quotidienne à 20h20. « Nous avons choisi cette salle parce qu’elle acceptait de s’engager avec nous. Les débats avec le public sont un des points importants pour la distribution de FLA », précise Salomé. Ensuite, le film et son équipe se transporteront à Perpignan puis espèrent poursuivre leur périple dans le reste de la France. « Travailler sur nos films est un plaisir et nous aimons mettre notre nez dans tous les postes, raconte cette dernière. Difficile, dans ces conditions, d’impliquer d’autres personnes dans l’aventure et c’est pour cela que nous avons tout pris en main. » L’argent n’est pas une priorité pour Djinn Carrenard et Salomé Blechmans, qui continuent à animer des ateliers de comédiens pour vivre. On leur souhaite de conserver longtemps leur enthousiasme et leur liberté.