«Les premiers, les derniers»: Bouli Lanners transforme la Beauce en décor de western

FABLE Le réalisateur d’« Eldorado » et des « Géants » revient avec « Les premiers, les derniers », une œuvre sublime et atypique…

Caroline Vié

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Bouli Lanners et Albert Dupontel dans Les Premiers, Les Derniers
Bouli Lanners et Albert Dupontel dans Les Premiers, Les Derniers — Kris Dewitte/Wild Bunch

Quand Bouli Lanners dirige Albert Dupontel, cela donne Les Premiers, les Derniers, western sur fond de fin du monde tourné dans la Beauce. « C’est en voyant de ce décor lors d’un voyage en train que j’ai eu l’idée de cette histoire, explique Bouli Lanners à 20 Minutes. Je me suis dit que tout pouvait arriver dans ces étendues désolées où surgissent parfois d’étonnantes structures métalliques. »

Une ribambelle d’acteurs complices

Tout n’arrive pas dans le film mais il s’y passe beaucoup de choses quand deux pieds nickelés et leur chien (joué par Titus, celui de Bouli) partent à la recherche d’un téléphone volé. Ils rencontrent deux paumés amoureux, une bande d’abrutis dangereux pour cause de bêtise chronique, une très belle femme (Suzanne Clément) et deux papys sages comme de vieux grimoires (Michael Lonsdale et Max Von Sydow, complices). « Ce décor idéal pour faire évoluer ces personnages tout en ancrant mon film dans le réel bien qu’on y parle d’apocalypse », insiste le cinéaste.

Une fable résolument optimiste

Le réalisateur d’Eldorado (2008) et des Géants (2011) a conservé l’humour absurde et la splendeur picturale qui faisaient déjà la force de ses œuvres précédentes mais il a gagné en maturité. « Je suis devenu plus sage, j’ai pris de la bouteille et j’avais envie de voir l’amour triompher dans un monde qui est de moins en moins facile. » On tombe en affection pour les êtres cabossés que présente Bouli qui parvient à signer une fable généreuse, un brin mystique et toujours tendre sans jamais tomber dans la mièvrerie. Les Premiers, Les Derniers est pour nous l’un des meilleurs films de la semaine, du mois et probablement de l’année. Bravo Bouli !