«Jane Got a Gun»: Natalie Portman dit avoir «bénéficié d’être blanche, mais pâti d’être une femme»

RENCONTRE Natalie Portman et son partenaire Joel Edgerton, à l’affiche de « Jane Got a Gun », évoquent l'intérêt récent d’Hollywood pour les rôles de femmes…  

Caroline Vié
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Natalie Portman et Joel Edgerton dans Jane Got a Gun de Gavin O'Connor
Natalie Portman et Joel Edgerton dans Jane Got a Gun de Gavin O'Connor — Mars Distribution

Quand Natalie Portman incarne une héroïne de western, il s’agit obligatoirement d’un western féministe, un label que la star assume à 200 %. « La femme que j’incarne dans Jane Got a Gun n’est pas violente par nature mais elle doit se battre pour survivre », explique la comédienne à 20 Minutes. Cette fermière fait appel à un ancien amant pour l’aider à se débarrasser d’un hors-la-loi cruel. « La seule façon de remettre les westerns au goût du jour est de les moderniser en y ajoutant des femmes fortes », précise Joel Edgerton qui joue l’ex de l’héroïne.

Les femmes à la peine à Hollywood

Depuis Black Swan qui lui a valu un Oscar en 2011, Natalie Portman a peu tourné pour se consacrer pleinement à son rôle de maman. Elle revient en grande forme le chapeau sur la tête et le flingue à la main prête à défendre aussi la position des femmes à Hollywood. « Je ne peux pas parler pour les autres, mais j’estime avoir bénéficié du fait d’être blanche et avoir pâti du fait d’être une femme, explique-t-elle. L’industrie hollywoodienne est injuste quand il s’agit de laisser les minorités s’exprimer. »

Vers une plus grande diversité

Joel Edgerton approuve sa partenaire. « Il est certain que, quand on est, comme moi, un homme blanc de 41 ans, tout est plus facile et qu’il faut vraiment merder grave pour foirer sa carrière », précise le comédien australien. Qu’un film de genre accorde de l’importance aux personnages féminins est bon signe selon lui. « Les femmes vont beaucoup au cinéma et elles ne supportent plus d’y voir des potiches. Des actrices comme Natalie, Cate Blanchett ou Jennifer Lawrence ouvrent la voie vers une plus grande diversité au cinéma.

Un signe d’espoir

Pour Natalie Portman et Joel Edgerton, Jane Got a Gun fait un pas dans la bonne direction en présentant des personnages complexes : un homme souffrant d’amour et une femme décidée, mais capable de demander de l’aide. « On avance doucement, mais sûrement ; cette conversation le prouve, déclare Natalie Portman. L’industrie cinématographique sait qu’il va falloir faire davantage attention aux femmes et aux minorités. » Ce western original démontre en tout cas qu’il est possible de créer de beaux rôles féminins dans un univers encore un peu machiste.