«Spotlight»: Michael Keaton mène l'enquête contre des prêtres pédophiles

ENQUETE Le film de Tom McCarthy est inspiré par le travail de véritables journalistes sur des faits découverts au début des années 2000…

Caroline Vié

— 

Michael Keaton et Mark Ruffalo dans Spotlight
Michael Keaton et Mark Ruffalo dans Spotlight — Warner France

Les prêtres pédophiles ne leur disent pas merci… L’équipe du Boston Globe les a traqués et coincés au début des années 2000. Spotlight de Tom McCarthy revient sur l’enquête serrée, récompensée par le Prix Pulitzer, qui a conduit l’Eglise à reconnaître sa culpabilité comme la façon dont les coupables ont été couverts par leur hiérarchie. « Aujourd’hui encore, je n’en reviens de ce que nous avons découvert et de l’impact que nous avons eu. Nous recevons encore quotidiennement des appels d’anciennes victimes », explique à 20 Minutes le journaliste Michael Rezendes incarné dans le film par Mark Ruffalo.

Comment devenir un journaliste primé

« C’est drôle de se voir dans un film de fiction quand on a passé sa vie à analyser des faits, s’amuse son confrère Walter Robinson, mais je ne me plains pas de penser que je passerai à la postérité sous les traits de Michael Keaton ! » Le journaliste a noué une relation amicale avec le comédien. « J’ai énormément étudié sa gestuelle mais mon principal travail a été de retrouver la voix de Walter, explique Michael Keaton. Je sais qu’il est un amoureux des détails et ne pouvait me permettre de le décevoir. » Mark Ruffalo a lui aussi suivi son modèle de près. « Il m’a accompagné pendant mon travail, est venu manger chez moi et m’a observé comme un insecte. Je suis épaté par le résultat. Je ressens une impression de dédoublement quand je vois Michael dans mon rôle. »

Un film important pour la liberté d’expression

Boudé par les votants des Golden Globes, Spotlight garde toutes ses chances aux Oscars. « C’est un film important parce qu’il parle de choses capitales à la manière d’un thriller, martèle Michael Keaton. Ces journalistes sont de vrais justiciers même s’ils ne portent pas de costumes de super-héros. » L’acteur de Birdman (2015) démontre que son retour dans le film d’Alejandro González Iñárritu n’avait rien d’un feu de paille. « Spotlight dénonce des actes indignes et prouve que la liberté d’expression a une importance capitale dans notre société », dit-il. Michael Rezendes et Walter Robinson renchérissent. « A l’heure où on coupe les crédits pour les enquêtes de fond et où la presse est très souvent décriée, Spotlight démontre que les journalistes ont encore une utilité. J’aimerais que ce film déclenche des vocations », insiste Robinson. Et de partir, une fois notre entretien terminé, prêcher la bonne parole à des étudiants français…