«Carol»: Todd Haynes transgresse de nouveau les codes de l'Amérique puritaine

MELO Amours interdites, différence, isolement: le réalisateur poursuit ses obsessions dans ce mélo flamboyant...

Caroline Vié

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Cate Blanchett et Rooney Mara dans Carol de Todd Haines
Cate Blanchett et Rooney Mara dans Carol de Todd Haines — Wilson Webb / DCM/UGC Distribution

Dans les New York des années 1950, une bourgeoise élégante (Cate Blanchett) s’éprend d’une jolie vendeuse (Rooney Mara, récompensée à Cannes pour sa prestation). Telle est l’histoire de Carol, superbe film de Todd Haynes, couronné par la Queer Palm 2015. Le réalisateur y évoque ses thèmes de prédilection.

Les amours interdites

Dans Loin du paradis (2002), une bourgeoise déjà (Julianne Moore) découvrait l’amour auprès de son jardinier noir tandis que son mari (Dennis Quaid) se révélait homosexuel. Elle finira bannie par la bonne société des années 1950. Carol aussi tentera de se battre pour sauver son amour et conserver la garde de sa fillette.

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L’isolement

Dans Safe (1995), ce sont les allergies qui rendent folle une femme au foyer (Julianne Moore encore). Elles vont la contraindre à s’isoler définitivement avant de trouver l’apaisement. Dans Carol, l'héroïne et son aimée doivent elles aussi se cacher pour vivre une passion qui ne peut se dévoiler au grand jour.

La différence

Que ce soit Bob Dylan, incarné par six acteurs dans la biographie I’m not There (2007) ou les musiciens rock flamboyant joués par Jonathan Rhys-Meyers et Ewan McGregor dans Velvet Goldmine (1998), les messieurs imposent leur différence pour briller alors que les femmes en souffrent.

Les actrices

Todd Haynes est un grand directeur d’actrices : Julianne Moore, Cate Blanchett, Rooney Mara, Charlotte Gainsbourg, Toni Collette ont tour à tour été magnifiées par le cinéaste. Reese Witherspoon va prochainement devenir sa muse pour une biographie de la chanteuse Peggy Lee, actuellement en préparation.