«Les Huit salopards»: Comment Tarantino a rattrapé son scénario lorsqu'il avait fuité sur Internet

WESTERN Le cinéaste raconte à « 20Minutes » comment il a finalement profité de la mise en ligne de son scénario piraté sur Internet pour peaufiner l’écriture de son film…

Caroline Vié

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Les huit salopards de Quentin Tarantino
Les huit salopards de Quentin Tarantino — Weinstein Company/SND

Quentin Tarantino n’était pas content, mais alors pas content du tout quand le scénario des Huit salopards a fuité sur Internet au début 2014. Mais une fois la fureur passée, le réalisateur de Django Unchained (2013) a repris le collier et a peaufiné son script. « Je n’irais pas jusqu’à dire que cet incident m’a été bénéfique mais il m’a sans doute permis de prendre davantage de recul sur l’histoire et la façon de la raconter. Il m’a donné du temps », a-t-il confié à 20 Minutes.

Le temps d’écrire

Dans ce magnifique western, deux chasseurs de primes (Kurt Russell et Samuel L. Jackson), une mystérieuse prisonnière (Jennifer Jason Leigh), un bourreau (Tim Roth), un futur shérif (Walton Coggins) et d’autres personnages aux motivations mystérieuses se retrouvent coincés dans un relais isolé par une tempête de neige. « Contrairement à mon habitude où j’écris une seule version du scénario que je retravaille, j’en ai finalement fait trois différentes pour ce film ce qui m’a permis de soigner certains détails qui ont eu le temps de mûrir dans ma tête », confie-t-il. Dialogues brillants et rebondissements surprenants sont au menu de ce suspense qui mettra les fans du réalisateur en transe.

Le temps de faire composer

Contrairement à ses précédents films, Quentin Tarantino a fait écrire une musique originale pour Les Huit salopards. Le maître Ennio Morricone a accepté de la signer. « Il avait juré qu’il ne ferait plus de westerns, raconte Tarantino, mais il a contourné la difficulté en considérant la partition comme celle d’un film d’horreur, un peu comme The Thing (John Carpenter, 1982), l’une de mes influences principales pour cette histoire. » Le compositeur s’est surpassé pour ce huis clos qui tourne au délire gore. « Le sujet l’a inspiré. Au début, il ne devait écrire que le thème principal puis il m’a donné de plus en plus de musique. J’ai eu une chance folle », se souvient le cinéaste.

Le temps de diriger

Tarantino a écrit pour certains de ses acteurs (Kurt Russell, Michael Madsen ou Tim Roth) mais ce n’est qu’après la fuite de son scénario qu’il a confié le rôle d’une femme sauvage à Jennifer Jason Leigh. « Son personnage me fait penser aux disciples du gourou assassin Charles Manson car elle est à la fois terrifiante et fascinante », explique-t-il. Comme ses camarades, l’actrice semble se délecter des échanges à colts tirés que le réalisateur leur a réservés. « Je ne veux pas me jeter de fleurs mais je crois que je maîtrise parfaitement la direction d’acteurs, avoue le cinéaste. Je trouve cela de plus en plus facile et amusant ! » Un plaisir que le spectateur partagera largement.