«La vie très privée de monsieur Sim»: Bacri fait du Bacri, mais pas seulement

CRAQUANT Le comédien incarne un dépressif pas tout à fait comme les autres dans le nouveau film de michel Leclerc, le réalisateur du «Nom des gens»...

Caroline Vié

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Jean-Pierre Bacri dans La vie très privée de Monsieur Sim
Jean-Pierre Bacri dans La vie très privée de Monsieur Sim — Mars films

Jean-Pierre Bacri grogne quand on le lui fait remarquer mais il est vrai qu’il s’est fait une spécialité des rôles de bourrus et de dépressif (voire les deux). La vie très privée de monsieur Sim inspiré du roman de Jonathan Coe (Gallimard) lui permet de renouer avec l’un de ces personnages qui font qu’on l’aime et que c’est toujours un plaisir de le voir au cinéma.

Ni tout à fait un autre

Michel Leclerc, réalisateur du Nom des gens (2010) et de Télé Gaucho (2011), et sa coscénariste Baya Kasmi lui ont mitonné un rôle dans lequel on peine à imaginer quelqu’un d’autre. Rien ne va pour ce pauvre Monsieur Sim en dépression constante tant son incapacité à exprimer ses sentiments finit par lasser les meilleures volontés dont celles de son épouse et de sa fille. Là, le spectateur allergique à Jean-Pierre Bacri peut décider de passer son chemin, mais il incarne la solitude et la lassitude comme personne.

Ni tout à fait le même

Pourtant, le comédien joue avec son image familière pour composer un personnage fantaisite comme rarement ! Promu représentant en brosses à dents écologiques, il soliloque face à son GPS, copine avec un Mathieu Amalric séducteur ou se fait faire les yeux doux par Valéria Golino. On l'adore quand il vante les charmes d'un restauroute ou se prend une cuite mémorable. On aime Jean-Pierre Bacri à la sortie de la salle au point de pardonner les baisses de régime de l’ensemble et de retourner le voir inlassablement comme une habitude chère qui fait un bien fou. Encore!