«Sorcerer»: Comment «Star Wars» et la critique ont failli être fatals au chef d'oeuvre de Friedkin

CULTE Le réalisateur s'entretient avec Nicolas Winding Refn et livre de nombreuses anecdotes sur ce film à redécouvrir dans une superbe édition vidéo...

Caroline Vié

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Sorcerer de William Friedkin
Sorcerer de William Friedkin — Bac/Wild side

Sorcerer a été un échec commercial si retentissant en 1977 qu’il a failli coûter sa carrière à William Friedkin. Aujourd’hui, cinéphiles et cinéastes comme Nicolas Winding Refn considèrent qu’il s’agit de l’un des plus grands films du réalisateur de French Connection (1971) et de L’Exorciste (1973). Un magnifique coffret Blu-Ray DVD (Wild Side/La Rabia/NWR, 23 euros) permet de juger sur pièces des qualités de ce suspense dans une copie remastérisée.


Une histoire d’hommes

Sorcerer, c’est un remake du Salaire de la peur (1953) d’Henri-George Clouzot que Friedkin a actualisé pour le transposer dans les années 1970. La jungle de République Dominicaine sert de décor à une puissante histoire d’hommes où une poignée d’individus peu recommandables accepte de transporter un chargement d’explosifs dans un vieux camion. Roy Scheider, Francisco Rabal, Bruno Cremer et Amidou n’ont pas rigolé tous les jours pendant un tournage sauvage dont les détails sont expliqués dans un livret inclus dans le coffret. « C’est ce que j’ai réalisé de mieux », déclare Friedkin à Nicolas Winding Refn qui parraine cette édition luxueuse.

Le chef-d’œuvre mal-aimé de William Friedkin

Près d’une heure et demie d’entretien entre les deux cinéastes permet de mieux les connaître tous deux quand le réalisateur de Drive (2011) et Only God Forgives (2013) cuisine son aîné. « C’était comme de voir votre enfant se prendre une raclée pendant un match de football », raconte William Friedkin en évoquant l’accueil critique désastreux du film. Il blâme aussi Star Wars : Un nouvel espoir, sorti en même temps, pour la défaveur du public. « J’ai toujours vu la fabrication d’un film comme une aventure et un apprentissage et mon équipe partageait ce point de vue », confie William Friedkin.

Un grand film sauvage

Ricky Bravo, qui avait filmé la révolution cubaine avec Fidel Castro avant de devenir un collaborateur attitré du cinéaste, a apporté sa contribution. Friedkin se souvient avec émotion de la séquence où les aventuriers doivent traverser un pont suspendu et où les villageois superstitieux prenaient la fuite par peur de côtoyer le réalisateur de L’Exorciste. Cette anecdote et beaucoup d’autres enchantent le cinéphile également comblé par La métaphysique de la peur, analyse brillante du film par le critique Philippe Rouyer.