«Star Wars - Le Réveil de la Force»: «J'avais du mal à me regarder en Kylo Ren dans un miroir», confie Adam Driver, le nouveau méchant de la saga

INTERVIEW «20 Minutes» s'est entretenu avec Adam Driver alias Kylo Ren, sombre seigneur au service du côté obcur...

- De notre envoyée spéciale à Los Angeles, Caroline Vié

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Adam Driver dans Stars Wars - Le Réveil de la Force
Adam Driver dans Stars Wars - Le Réveil de la Force — Lucasfilm/Disney

Adam Driver est à la fois très grand et très timide. Quand on le rencontre en tête-à-tête au Convention Center de Los Angeles, il est difficile d’imaginer que du haut de son mètre 91, ce gentil géant va terroriser les héros de Star Wars - Le Réveil de la Force sous la défroque du sombre Kylo Ren. Cet abonné au cinéma indépendant, découvert dans la série Girls puis vu récemment dans While We’re young et Frances Ha de Noah Baumbach et Hungry Heart de Saverio Constanzo, tient un rôle prépondérant dans ce septième volet de la saga. C’est avec beaucoup de douceur que ce trentenaire au charme délicat s’est confié à 20 Minutes

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Quel souvenir gardez-vous de votre première rencontre avec le réalisateur J.J. Abrams ?

Je suis allé le voir à Los Angeles il y a trois ans et tout de suite, il m'a dit qu’il tenait à ce que les émotions soient reines dans le film et qu’il ne voulait pas sacrifier les personnages au grand spectacle. Il m’a fallu quelques semaines, une autre discussion avec J.J., et une rencontre avec la productrice Kahtleen Kennedy avant d’accepter le rôle.

Vous n’avez pas été immédiatement emballé à l’idée de participer à la saga Star Wars ?

Je prends mon travail très au sérieux et cela me semblait une telle responsabilité de créer un personnage aussi fort dans un projet si impressionnant qu’il m’a fallu le temps de la réflexion. J’ai fini par comprendre que si cela me faisait si peur, c’était sans doute une bonne raison de me lancer dans l’aventure.

C’est le même processus qui vous a fait vous engager dans les Marines en 2001 ?

Ce n'était pas tout à fait la même chose. Les attentats du 11 septembre m’avaient traumatisé ce qui m'a pousser à entrer dans l'armée. M’engager sur Star Wars ne mettait pas ma vie en danger, mais il est vrai que j’aime bien sortir de ma zone de confort pour essayer d’avancer. C'est en se lançant des défis qu'on grandit.

En quoi ce rôle est-il aussi exceptionnel ?

Il est diffcile de décrire ce qu’on ressent la première fois qu’on se retrouve en costume avec son sable laser à la main ! Kylo Ren est beaucoup plus que cela. C’est un personnage complexe qui brasse des émotions très fortes. Il est aussi complexe dans sa psychologie que les hommes que j’ai pu incarner dans des films indépendants.

Le costume de Kylo Ren vous a-il aidé à créer ce grand méchant ?

J’entretenais une relation amour-haine avec le costume comme avec le sabre laser qui est, en fait, très fragile ! Tout cela était fort inconfortable, mais cela tombait bien car Kylo Ren est plutôt mal dans sa peau. J’ai mieux compris Kylo quand je me suis vu en costume dans le miroir : au début, j’avais du mal à me regarder.

Quel type de réalisateur est J.J. Abrams ?

Il reste d’un calme olympien comme ces jongleurs qui ne laissent jamais tomber une balle. Il est capable de vous parler des subtilités de votre rôle tout en répondant à dix coups de fil et en dirigeant une scène. Sa capacité à compartimenter ses idées m’a épaté tout comme ses nerfs d’acier face à ce tournage pharaonique.

Que va changer Star Wars dans votre vie ?

Je préfère ne pas me projeter dans l’avenir… Il y a des moments où cela m’effraie et d’autres où je tremble d’excitation. Pour l’instant, je ne me vois pas courir les conventions pour donner des autographes. Mais cela changera peut-être, tous les fans que j’ai déjà rencontrés étaient vraiment sympas et animés d’un esprit bon enfant.