A l’Est rien de nouveau, maman !

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Un bon film allemand, profitons-en ! Good Bye Lenin revient sur la chute du mur de Berlin, sous l’angle de la comédie. C’est à la fois explosif. Et jubilatoire. Berlin-Est, à l’automne 1989. Soudainement, une femme, responsable de la communauté de locataires de son immeuble, s’effondre dans la rue. Elle restera six mois dans le coma. Entre-temps, le Mur est tombé. Et avec lui le régime en lequel elle a cru pendant des années. Le médecin est formel : un choc peut lui être fatal. Son fils Alex, 21 ans, va alors déployer des trésors d’imagination pour la convaincre que rien n’a changé. On assiste dès lors à une succession de saynètes aussi cocasses qu’irrésistibles. Facile de redécorer un appartement dans le pur style Honecker ou de reconditionner des cornichons de Hollande dans des bocaux est-allemands... Mais comment justifier l’apparition à la fenêtre d’une affiche géante siglée Coca-Cola ? «Toute chose a une explication », rétorque Alex, qui trouvera la réponse au phénomène via un faux journal télévisé bricolé. Good Bye Lenin est un film excitant. Parce qu’il joue sur l’absurde, la caricature et le suspense. Tout en abordant la question de la nostalgie du communisme – non pas du régime lui-même, mais du fantasme de société idéale qu’il avait engendré. Malgré la tendresse qu’il éprouve pour ses personnages, le cinéaste Wolfgang Beyer n’est pas dupe. La preuve, ce dialogue entre Alex et sa mère : « Je te demande où tu as mis notre argent... parce que notre Trabant est prête ! » Et sa mère d’exploser de joie : « Déjà ! Au bout de trois ans ! » Encore un mirage : dans la rue, cela fait belle lurette qu’il n’y a plus aucune Trabant. Stéphane Leblanc