«Béliers»: Quand deux éleveurs de moutons se crêpent le chignon

PAS MOUTONNIER En Islande, deux frères ennemis se réconcilient pour sauver leur troupeau dans ce film attachant récompensé à Cannes...

Caroline Vié

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Sigurður Sigurjónsson et Theodór Júlíusson dans Béliers
Sigurður Sigurjónsson et Theodór Júlíusson dans Béliers — Arsenal Filmverleih/ARP Sélection

Deux frères qui ne se parlent plus depuis quarante ans se retrouvent pour sauver leurs troupeaux de moutons menacés d’abattage à la suite d’une épidémie. Béliers de Grímur Hákonarson, chronique couronnée par le prix Un Certain Regard du Festival de Cannes, met en vedettes deux gros barbus aux allures de Vikings grisonnants.

Une vraie découverte

Si le réalisateur s’est inspiré de ses propres souvenirs d’enfance, cela se ressent dans l’empathie qu’il fait partager au spectateur pour ces deux sexagénaires attachés à leurs bêtes et à leur mode de vie. La force de ce beau film vient de sa connaissance de la ruralité dont il pointe les travers sans la moindre condescendance. Des comédiens épatants (Sigurdur Sigurjonsson et Theodor Juliusson) apportent ce qu’il faut d’humanité à leurs personnages d'ours au caractère de cochon sauvage tentant de survivre dans un univers qui menace de les faire disparaître. Quand il les quitte à la fin de la projection, le spectateur a des envies de gros pulls en laine qui gratte et de rasades d’alcools forts.